Dans un rapport qui fait grand bruit sur le «contrat du siècle», un deal conclu en 2008 sous Joseph Kabila entre Pékin et Kinshasa sur la concession des mines aux opérateurs chinois en échange d’infrastructures, l’Inspection générale des finances (IGF) conclut à un véritable de dupes. Les entreprises chinoises ont déjà engrangé 10 milliards de dollars pour seulement 822 millions investis dans les infrastructures. Des voix s’élèvent à Kinshasa pour en finir avec cette duperie chinoise. Selon l’IGF, l’Etat congolais doit réclamer 17 milliards de dollars à la Chine.
Le gouvernement congolais poursuit la réévaluation du méga-contrat «ressources naturelles contre infrastructures» signé avec la Chine en 2008 par le régime de l’ancien président Joseph Kabila. L’Inspection générale des finances congolaise (IGF), a exigé, dans un retentissant rapport publié hier jeudi 16 février, 17 milliards de dollars d’investissements supplémentaires dans les infrastructures dans le cadre de cet accord en vertu duquel les groupes chinois Sinohydro Corporation et China Railway Engineering Corporation s’étaient engagés à construire des infrastructures (routes, ponts, hôpitaux, réseaux d’eau potable, etc.) en échange d’une participation de 68 % dans la Société sino-congolaise des mines (Sicomines), une coentreprise spécialisée dans l’exploitation du cuivre et du cobalt avec la société minière publique Gécamines.
Dans le cadre de ce deal, baptisé «le contrat du siècle» au moment de sa signature, les investisseurs chinois se sont engagés à consacrer 3 milliards de dollars à des projets d’infrastructure, mais l’IGF a demandé que cet engagement soit porté à 20 milliards de dollars, afin de refléter la valeur réelle des concessions minières que la Gécamines a apportées à l’accord.
Un contrat léonin outrageant !!
L’IGF a révélé que Sicomines (ndlr : la jointe-venture sino-congolaise) n’a jusqu’ici investi que 822 millions de dollars dans les infrastructures alors que les entreprises chinoises ont déjà engrangé 10 milliards de dollars. «Le déséquilibre criant qui a été constaté, le bradage, la dilapidation de nos minerais constatés dans ce contrat a été également l’œuvre de fils égarés de notre pays, qui ont accompagné les entreprises chinoises dans cette œuvre macabre contre notre pays », ajoute l’Inspection générale des Finances, demandant un investissement «immédiat» d’un milliard de dollars par la Sicomines, et un engagement à ce que la main-d’œuvre des projets d’infrastructures soit congolaise à 50 %.
L’IGF a également appelé le gouvernement congolais à «renégocier le contrat minier afin d’ajuster et d’équilibrer les obligations et les droits des deux parties et de les mettre en conformité avec la valeur de leurs contributions respectives». Elle a par ailleurs plaidé pour une révision à la montée de la participation de la Gécamines dans la Sicomines, qui se limite actuellement à 32 %.





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