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Côte d’Ivoire : Le 3ème Pont Henri Konan Bédié d’Abidjan, un condensé de technologies

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Après un peu plus d’un mois seulement de son ouverture officielle à la circulation, le pont Henri Konan Bédié, qui enjambe la lagune et relie le nord et le sud d’Abidjan, est en train de confirmer tous les pronostics…

Pont Henri Konan Bedié

Pont Henri Konan Bedié

Inauguré le 16 décembre 2014 par le Président Alassane Ouattara, le pont Henri Konan Bédié (HKB), troisième pont d’Abidjan, qui relie les communes de Cocody, à l’est, et de Marcory, à l’ouest, a été ouvert à la circulation depuis le dimanche 21 décembre 2014. Cependant, c’est depuis le 2 janvier 2015 dernier que le péage du passage sur le pont est entré en vigueur. C’est un secret de polichinelle, ce troisième pont qui relie les parties nord et sud de la capitale économique ivoirienne est une véritable bouffée d’oxygène dont les effets sont d’ailleurs déjà perceptibles depuis son ouverture. Il faut comprendre : c’était l’une des grosses attentes des populations abidjanaises tant les difficultés de transports étaient devenues grandes dans la ville, surtout aux heures de pointe.

Certes, lorsque le 23 décembre 2014, le ministre ivoirien des Infrastructures économiques, Patrick Achi, a communiqué les montants du péage sur le pont HKB, lors d’une conférence de presse, à savoir, 500 FCFA le passage pour les véhicules de tourisme, 1500 FCFA pour les camions et cars, et 3000 FCFA pour les véhicules poids lourds, il y a eu des grincements de dents. Au sein même des journalistes d’abord. Puis, la rue a pris le relais. Suivi, plus tard des Associations de transporteurs qui ont interpellé le Président de la république quant à une révision à la baisse de cette grille jugée trop chère. Mais depuis, face aux avantages indiscutables qui se sont révélés au grand jour, les clameurs se sont tues ! En effet, l’ouvrage qui a coûté près de 176 milliards de FCFA, nécessaires à l’entreprise française Bouygues en coopération avec l’Etat de Côte d’Ivoire, est un condensé de technicité avant-gardiste. Ainsi, apprend-on, sur les fiches techniques, le pont HKB présente une longueur de 1500 mètres répartie en 30 travées de 50 mètres chacune. L’ensemble s’intègre dans le site suivant un profil horizontal au plus près du plan d’eau de la lagune Ebrié. Les piles circulaires de l’ouvrage sont traitées comme des têtes de colonnes qui émergent de la surface de l’eau. Il est entièrement bétonné et comporte un parement dit en ‘’béton ondulé’’ sur les murs en retour.  La limite entre ce ‘’béton ondulé’’ et le béton dit ‘’lisse’’ est marquée par une ligne courbe qui dessine une ondulation à grande échelle. En tout état de cause, la qualité architecturale de ce pont résulte autant de sa bonne intégration dans le site que de l’expression forte de cette structure contemporaine dans un contexte à la fois urbain et naturel. Faut-il le souligner, ce pont, comme il avait été annoncé depuis le début, est payant pour les usagers, car il n’a pu sortir de l’eau que grâce à un partenariat public-privé entre l’Etat ivoirien et le géant français de la construction, Bouygues.

Inauguration du Pont HKB

Inauguration du Pont HKB

Des chiffres à donner du tournis

Le pont HKB et ses échangeurs reposent sur des chiffres et estimations somme impressionnants. Avec 6,7 kilomètres de voie routière construites, 21 voies de péages, 80 mètres de fondation, 700 personnes mobilisées pour sa construction, 30 ans de concession à SOCOPRIM, 18 millions d’heures à gagner par an lors des déplacements entre les deux rives et une diminution de 90 000 tonnes de CO2 dans l’air, la pose de la première pierre a eu lieu en 1999. En outre, le pont et ses échangeurs devraient voir passer près de 100 000 personnes par jour, selon des estimations. L’ouvrage va ainsi soulager le trafic des deux autres ponts, Houphouët-Boigny et Charles de Gaulle, qui étaient, jusqu’à l’ouverture du pont HKB, constamment engorgés aux heures de pointe ou au moindre accrochage entre deux véhicules. Les concessionnaires, eux, disent espérer entre 65 000 et 75 000 véhicules par jour. Etant donné que les ponts Houphouët-Boigny et De Gaulle, qui ont plus de 50 ans, ont respectivement des fréquentations de l’ordre de 54 000 et 130 000 véhicules/jour. Mais, il faut dire que le seuil minimum de rentabilité est de 70 000 bus, voitures, camions ou motos au quotidien, car, tout compte fait, il s’agit du premier pont payant de la ville. Pour un tarif compris entre 500 FCFA et 1500 FCFA en fonction des modes d’abonnement, les usagers du pont HKB évitent un contournement de 10 kilomètres et gagnent une demi-heure par trajet assurent les promoteurs.

Faut-il le rappeler, c’est en 1996 que le premier appel d’offres international a été lancé pour la construction du pont Henri Konan Bédié. Après une première phase de travaux interrompus en 2000 et une reprise de la construction en 2011.

Les Grandes Dates du Pont HKB

  • Juillet 1996 : dans le cadre de son programme des 12 travaux de l’Eléphant d’Afrique, un appel d’offres international est lancé
  • 14 novembre 1997 : signature de la Convention de concession
  • 19 novembre 1999 : bouclage du montage financier
  • Décembre 1999 : les événements politiques – coup d’Etat contre Bédié – qui entrainent le désengagement des prêteurs
  • 2008 : relance du projet sous l’impulsion du ministère des Infrastructures économiques
  • 2010 : nouvelle diligence avec, en novembre 2010, une réunion à Tunis avec les nouveaux prêteurs (BOAD, BIDC, BAD, AFC, FMO, BMCE, PAIDF, BYTP et MIGA)
  • Novembre 2010- mars 2011 : l’avènement de la crise postélectorale porte un nouveau coup d’arrêt aux travaux
  • Septembre 2011 : lancement des travaux par S.E.M. Alassane Ouattara
  • Avril 2012 : versement complet de la subvention de l’Etat
  • 28 juin 2012 : 2ème bouclage financier en présence du ministre des Infrastructures économiques, du ministre de l’Economie et des finances et de Martin Bouygues
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