À l’issue de son 151e Conseil d’administration tenu à Lomé, le vendredi 26 juin 2026, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a validé une enveloppe massive de 344,6 milliards de FCFA pour 11 nouvelles opérations. Orientés vers la souveraineté alimentaire, l’énergie et les infrastructures, ces 11 nouveaux financements font passer le total des engagements historiques de l’institution au-delà de la barre symbolique des 10 800 milliards de FCFA.
Un cap historique franchi pour l’institution de Lomé
Réuni en session ordinaire hybride sous la houlette de son président Serge Ekue, le Conseil d’administration de la BOAD a donné son feu vert à une série d’investissements majeurs pour l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Avec ces 344,577 milliards de FCFA fraîchement alloués, le volume global des injections de la banque depuis son entrée en fonction en 1973 culmine désormais à 10 834,1 milliards de FCFA.
Au-delà des chiffres, cette session a permis de valider des arbitrages hautement stratégiques. Le Conseil a notamment accordé des dérogations territoriales pour collaborer avec des géants de la finance internationale comme la SFI (groupe Banque mondiale) et Proparco, une filiale de l’Agence française de développement. De plus, pour optimiser ses ressources, l’institution a levé ses immunités de façon ciblée afin d’activer un troisième accord de financement auprès du groupe bancaire japonais Sumitomo Mitsui Banking Corporation (SMBC), tout en procédant à la revente de sa créance sur la Compagnie d’Électricité du Sénégal (CES SA).
Priorité absolue à la sécurité alimentaire et aux hubs logistiques
Face aux enjeux climatiques et géopolitiques, la BOAD consacre 70 milliards de FCFA au secteur agricole. Le Togo capte 40 milliards de FCFA pour la phase 2 de son projet de mécanisation et d’irrigation (ProMAI), tandis que le Niger reçoit 30 milliards de FCFA destinés à l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA) pour étendre ses terres cultivables.
Le volet transport et connectivité régionale s’offre également un coup d’accélérateur :
- Burkina Faso : 20 milliards de FCFA sont injectés dans la première phase du Port sec multimodal de Ouagadougou pour décongestionner le commerce transfrontalier.
- Côte d’Ivoire : une enveloppe de 50 milliards de FCFA est octroyée à la compagnie nationale Air Côte d’Ivoire pour l’achat de quatre Airbus A319, une expansion clé pour conforter son leadership dans le ciel ouest et centre-africain.
Transition énergétique : le triptyque Mali-Burkina-Niger en première ligne
On le sait, l’autonomie énergétique reste le talon d’Achille de la sous-région. Pour y remédier, la banque déploie un mix d’énergies fossiles et renouvelables :
- Mali : plus de 44,3 milliards de FCFA financeront une centrale solaire de 50 MWc couplée à un système de stockage par batteries de 25 MW dans la région de Koulikoro.
- Burkina Faso : 45 milliards de FCFA vont permettre d’agrandir la centrale thermique de Komsilga (phase 5).
- Niger : le pays bénéficie de 30,6 milliards de FCFA pour muscler son réseau via un couplage de centrales diesel et de micro-réseaux solaires.
Oxygène financier pour le ciment, l’éducation et les PME
Le secteur privé et le tissu industriel local ne sont pas oubliés. Au Bénin, la Société des Ciments du Bénin (SCB) reçoit 16,6 milliards de FCFA pour doper ses capacités de production sur le site de Sèmè-Podji.
Enfin, pour soutenir le secteur financier de proximité, le Mali obtient 48 milliards de FCFA pour ses infrastructures scolaires et 10 milliards de FCFA de refinancement via la BSIC Mali – une ligne spécifiquement fléchée vers les petites entreprises, la transition verte et l’entrepreneuriat des femmes. Le Burkina Faso bénéficie d’un mécanisme identique de 10 milliards de FCFA via la BSIC locale pour appuyer ses PME-PMI.
En conclusion de cette session, Serge Ekue a salué la rigueur technique des dossiers et réaffirmé l’ambition de la BOAD, à savoir, s’imposer comme le moteur incontournable de la transformation structurelle des économies de l’UEMOA, dans un contexte de forte pression sur les infrastructures publiques.





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