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Crans Montana Forum à Dakhla : Un succès diplomatique pour le Maroc

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C’est un forum à la forte symbolique politico-économique mais aussi diplomatique qui s’est tenu les 13 et 14 mars 2015 à Dakhla au sud du Maroc. Et ce n’est pas le thème des débats qui a créé la polémique, mais le lieu. Pourtant, le Crans Montana Forum visait seulement à réunir décideurs, experts et hommes d’affaires africains et internationaux pour débattre notamment des questions de développement du continent.

 

Crans Montana 1«Aujourd’hui, Dakhla s’est inscrite sur la carte des relations internationales», s’est félicité Jean-Paul Carteron, Président du Crans Montana Forum, une structure basée à Monaco qui organise des rencontres internationales. Mais que Dakhla crève soudain les cartes n’a pas été du goût de l’Algérie dont les diplomates se sont activés dans toute l’Afrique et même au-delà pour essayer de convaincre les invités de ne pas se rendre à l’événement. La presse algérienne a tiré à boulets rouges sur le forum.

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Seulement voilà, il y avait à Dakhla plus de 800 personnalités d’une centaine de pays. Parmi eux, des chefs d’État ou de gouvernement en exercice (le Président de Macédoine et le Premier ministre guinéen), des diplomates de nombreux États africains et une escouade d’anciens hommes politiques de premier plan, comme l’ancien chef de gouvernement espagnol José Luis Rodrigues Zapatero. Côté français, avaient fait le voyage également l’ancien Premier ministre de Chirac Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo, ex-ministre de l’Ecologie et de l’énergie (pour promouvoir son projet d’électrification de l’Afrique), Eric Besson, ex-ministre de l’Immigration et Philippe Douste-Blazy, ancien ministre des Affaires étrangères français et actuellement conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, chargé des sources novatrices de financement du développement…

Le forum de Dakhla était monté en collaboration avec l’ISESCO, un organisme de l’OCI (Organisation de la Conférence islamique), et pour partie avec l’Unesco, l’une des institutions phares de l’ONU. Ce qui, de facto, apporte de la légitimité à la tenue de ce forum à Dakhla.

La manifestation était en effet placée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, dont son discours a été lu en guise d’ouverture par le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane. Le forum qui s’est donné pour thème justement «Afrique, coopération régionale et coopération Sud-Sud», visait à réunir décideurs, experts et hommes d’affaires africains et internationaux pour débattre notamment des questions de développement dans le continent. Crans Montana a réussi son pari de réunir les représentants de112 Etats à un haut niveau. Une occasion que les organisateurs considèrent comme « un acte de paix majeur et une opportunité pour tous de se retrouver, de se voir et de se parler». Le continent qui connaît une croissance vigoureuse intéresse les investisseurs. Le commerce avec le reste du monde a augmenté de plus de 200 % depuis 2000.

D’énormes chantiers ont été ouverts, d’autres vont l’être bientôt couvrant les infrastructures, l’éducation, la santé, le logement… L’Afrique a amélioré graduellement son image à l’international, bien que du point de vue gouvernance, il reste à conforter les principes démocratiques, pour certains pays. La coopération Sud-Sud n’exclut cependant pas les liens avec d’autres espaces économiques.

Le Maroc a développé une stratégie qui lui a réussi et qui pourrait être généralisée à tout le continent. «Le Royaume du Maroc qui a fait de la coopération sud-sud l’un des piliers de sa politique extérieure, développe, avec l’élan d’ouverture nécessaire, des partenariats tout aussi fructueux avec ses partenaires européens, nord-américains et asiatiques», souligne le roi du Maroc dans la lettre qu’il a envoyée aux participants. «C’est précisément ce modèle partenarial, à caractère multidimensionnel et mobilisant plusieurs acteurs, qu’il nous appartient de promouvoir avec persévérance, en faveur d’un développement accru de l’Afrique» insiste-t-il. L’intérêt de cette stratégie réside également dans le fait qu’elle intègre les opérateurs privés, désormais considérés comme des acteurs essentiels de la coopération africaine.

« L’originalité de cette politique réside également dans le fait qu’elle n’est plus l’apanage exclusif du gouvernement ou des acteurs institutionnels. Elle est, bien au contraire, de plus en plus assumée et prise en charge par les opérateurs économiques privés, et intègre les acteurs de la société civile» souligne le roi Mohammed VI.

 

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Des prix et des médailles d’or aux personnalités internationales

Le Crans Montana Forum 2015 a été clôturé par une cérémonie de remise des prix de la fondation du forum et des médailles d’or de cette instance, accordés à des personnalités internationales de différents horizons. La séance était présidée, aux côtés de Jean-Paul Carteron, par le révérend Jesse Jackson qui a remis le prix du Forum Crans Montana à la femme africaine, à travers Aminata Tall, présidente du Conseil économique, social et environnemental du Sénégal. C’était ensuite le tour de Douglas Ete, vice-Premier ministre des Iles Salomon (Pacifique), Ali Rashid Ahmed Lootah, entrepreneur émirati réputé pour sa fibre écologique, Doumbia Yacouba, président du Mouvement ivoirien des droits de l’Homme, l’ex-ministre français et actuel secrétaire général adjoint de l’ONU Philippe Douste Blazy, à l’ex-président de la République d’Estonie (2001-2006), Arnold Ruutel, l’ex-chef du gouvernement espagnol (2004-2011), José Luis Rodriguez Zapatero, et l’ancien ministre français de l’Ecologie et du Développement durable (2007-2010), Jean Luis Borloo.

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Des ateliers studieux 

La 2ème journée du Crans Montana Forum s’est caractérisée par la répartition des participants en ateliers. Le premier atelier s’est penché sur les nouvelles stratégies de coopération pour prévenir et réduire les menaces transfrontalières sur la santé publique. Le révérend Jesse Jackson qui a animé cet atelier a déclaré en introduisant le sujet : «Il est indispensable de se rendre compte de l’impact de la santé publique sur les structures économiques, sanitaires et sociales en Afrique ». Pour la plupart des intervenants dans les travaux de cet atelier, qui comptaient Philippe Douste Blazy, secrétaire général adjoint de l’ONU, Christophe Longuet, médecin fondateur de l’Association Mérieux, entre autres, l’Afrique doit se prémunir en stimulant la coopération régionale et internationale et en organisant des veilles sanitaires pour la prévention des épidémies, la lutte contre la contrefaçon des médicaments, le développement de réseaux de laboratoires, de l’information adaptée auprès des populations, des gouvernements et des organisations internationales.

Un autre atelier s’est penché sur l’industrie agroalimentaire et de pêche avec pour thème «L’approvisionnement et la valorisation des produits de la pêche». Le président du groupe Unimer qui dirigeait les débats a évoqué en introduction la manière d’améliorer la productivité, la rentabilité et la durabilité de la pêche et de l’aquaculture. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités industrielles tout en sécurisant les zones de pêche artisanale. Il a conclu en abordant le rôle des gouvernements et organisations internationales et des entreprises pour le développement de la pêche et pour garantir la sécurité alimentaire des populations.

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Création du Club de l’Afrique Atlantique

Le Club de l’Afrique Atlantique, une initiative du Forum de Crans Montana, a pour objectif de réunir les principaux acteurs du monde des affaires, de la politique et des finances. La 1ère session plénière du Club se tiendra à Bruxelles le 13 juin 2015, à l’occasion de la réunion annuelle du Forum de Crans Montana. Les sessions du Club porteront notamment sur la coopération régionale en matière d’énergies renouvelables, corridors de transport, réseaux d’éducation, santé publique et lutte contre les épidémies, technologies de la communication, sécurité alimentaire, gestion et valorisation des ressources naturelles, promotion touristique et systèmes bancaires et financiers.

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