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Dans le rétroviseur de 2022

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Guerre en Ukraine, inflation, élection de mi-mandat aux États-Unis, bouleversements politiques au Royaume-Uni, contestation en Iran, COP27 et… Coupe du monde au Qatar. L’année 2022 tirant à sa fin, ne rassure pas. Elle n’a pas été si «effrayante» qu’en 2021 ou 2020, si différente de ce que l’humanité a traversé comme crises, devenues une sorte de «normalité». Rétrospective.

Le 24 février, Vladimir Poutine envahit l’Ukraine, plongeant le monde dans une crise inédite depuis la fin de la Guerre froide le 26 décembre 1991 avec effondrement du bloc de l’Est et dislocation de l’URSS. Résultat : victoire de facto du camp occidental.

Face aux pays de l’OTAN qui affichent leur soutien à l’Ukraine, le président russe agite le spectre de l’arme nucléaire, en se disant prêt à utiliser «tous les moyens» de son arsenal.

La guerre entraîne le plus important afflux de réfugiés en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et coûte la vie à des milliers de soldats et de civils. Poutine — qui affirme vouloir «dénazifier» l’Ukraine — se retrouve très isolé diplomatiquement. Les Occidentaux infligent à la Russie des sanctions économiques, financières, technologiques, durcies au fil du temps, tout en livrant des armes à l’Ukraine qui obtient aussi le statut de candidat à l’UE. Un imbroglio politico-militaro-stratégique parti pour couvrir de son ombre maléfique l’année qui s’annonce et, donc, peser comme une épée de Damoclès sur le monde qui peine encore à sortir d’une crise sanitaire surgie fin 2019 et apparemment pas prête à finir.

La guerre fait aussi planer la menace d’une crise alimentaire mondiale, en raison du blocus maritime imposé par la Russie en mer Noire. Un accord conclu en juillet permet à l’Ukraine de progressivement recommencer à exporter son abondante production de céréales. Un fragile accord cependant qui ne tient qu’à la capacité du maître du Kremlin à repousser une débâcle militaire en Ukraine rappelant une phase de la guerre qui a opposé, entre décembre 1979 et février 1989, l’Armée de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), aux Moudjahidines Afghans.

Le conflit russo-ukrainien n’est cependant pas l’unique préoccupation de l’Ordre mondial secoué en 2022 par de nombreuses autres crises d’essence économique.

La flambée des prix, amorcée en 2021 par la désorganisation des chaînes de distribution combinée à la forte demande de produits et services essentiels au redémarrage des économies après la Covid-19, accélère en 2022 pour atteindre des niveaux inédits depuis des décennies. L’inflation devrait atteindre 8 % au quatrième trimestre dans les pays du G20, grevant la croissance dans le monde en faisant monter les coûts de production des entreprises.

Encore la faute de la guerre en Ukraine qui plonge l’Europe dans une profonde crise énergétique. La Russie, sous le coup de sanctions occidentales, multiplie les représailles allant jusqu’à frapper le point faible de l’UE : sa dépendance au gaz russe. Ses exportations de gaz, notamment vers les très dépendantes Allemagne et Italie, sont en chute libre.  

Pour maîtriser l’inflation, la Banque centrale américaine- Federal Reserve System (Fed)- relève agressivement ses taux directeurs depuis mars, rendant l’emprunt de plus en plus coûteux, la Banque centrale européenne lui emboîtant le pas.

Aux USA, les élections de mi-mandat ne débouchent pas sur la «vague» conservatrice qui était attendue par les soutiens de l’ancien président Trump. Les démocrates conservent le contrôle du Sénat, et les républicains ne remportent qu’une courte majorité à la Chambre des représentants.

Donald Trump annonce malgré tout dans la foulée sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. La bataille pour l’investiture républicaine promet d’être âpre, avec plusieurs autres candidats potentiels, dont le gouverneur de Floride Ron DeSantis, étoile montante de la droite dure américaine.  

Au Royaume-Uni, les bouleversements ont également une incidence certaine sur la Marche du monde.

Après une succession de scandales et une avalanche de démissions au sein de son gouvernement, le Premier ministre conservateur Boris Johnson démissionne en juillet. Liz Truss est officiellement nommée pour lui succéder à 10 Downing Street par la Reine Élisabeth II, deux jours avant son décès, le 8 septembre, après 70 ans de règne. Le 10, Charles III est proclamé Roi.  

Première ministre la plus éphémère dans l’histoire moderne du pays, Liz Truss tient seulement 44 jours avant de démissionner à son tour, ayant provoqué une crise politique et financière avec son programme économique radical.

Rishi Sunak arrive au pouvoir fin octobre, dans une période d’instabilité sans précédent au Royaume-Uni. Il est le cinquième Premier ministre britannique depuis le référendum sur le Brexit en 2016 et le premier dirigeant britannique issu de l’immigration.

L’année 2022 voit aussi se multiplier les catastrophes liées au changement climatique. L’été est le plus chaud jamais enregistré en Europe, records de températures et canicules provoquant sécheresse et dramatiques incendies (plus de 660 000 hectares de forêts brûlés de janvier à la mi-août dans l’UE, un record). Au moins 15 000 décès sont directement liés à cette chaleur sur le Vieux continent, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La Chine bat également des records de chaleur en août, et la sécheresse menace de famine la Corne de l’Afrique. Au Pakistan, des inondations historiques liées à une mousson hors norme tuent plus de 1700 personnes et déplacent huit millions de personnes alors qu’un tiers du pays est sous  les eaux.

Si les projections pour cette année se confirment, les huit années de 2015 à 2022 seront les plus chaudes jamais enregistrées, s’alarme l’Organisation météorologique mondiale (OMM).  

Conférence de l’ONU sur le climat : après des négociations difficiles, la COP27 se termine le 20 novembre à Charm el-Cheikh (Égypte) avec un compromis sur l’aide aux pays pauvres affectés par le changement climatique, mais aussi sur un échéancier à fixer de nouvelles ambitions pour la baisse des gaz à effet de serre.

Autre point chaud de la planète : l’Iran, qui fait toujours l’actualité mais sur un autre sujet que le dossier du nucléaire : la révolte antivoile durement réprimée par la police des mœurs finalement dissoute (on parle de fake news sur cette information) par Téhéran pour tenter de contenir une rue en colère et apparemment prête à aller jusqu’au bout de la contestation.

Le 16 septembre, Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, décède à l’hôpital, trois jours après son arrestation par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique, imposant aux femmes le port du voile en public. Sa mort déclenche une vague de manifestations à travers le pays, sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979. Les jeunes femmes sont à l’avant-garde de la contestation, certaines retirant et brûlant leur foulard en défiant les autorités sur des vidéos.  

En Chine, les années se suivent et se ressemblent. Si la deuxième économie du monde ne cesse de surprendre par des performances inédites qui inquiètent l’Amérique et l’Europe, le système hérité de Mao se maintient. Le président Xi Jinping est reconduit en octobre à la tête du Parti communiste, à l’occasion du 20e congrès du PCC, s’entourant de fidèles alliés pour devenir le dirigeant le plus puissant de la Chine moderne. Pendant une décennie à la tête du pays, “oncle Xi”, comme il aime à se faire appeler, a affiché un désir de contrôle, s’immisçant dans la quasi-totalité des rouages du pays, et essuyé des critiques internationales sur les droits de la personne.

L’organisation du Mondial-2022 au Qatar est une manière de finir l’année en beauté, même si elle entraîne un déluge de critiques sur le richissime petit État du Golfe. Le premier pays arabe à organiser l’événement est mis en cause à propos du traitement des travailleurs étrangers, des personnes LGBTQ+ et des femmes, ou encore de la climatisation de ses stades à l’heure du réchauffement climatique. Le sort des travailleurs migrants — rouages essentiels d’un pays où les Qatariens ne représentent que 10 % d’une population de trois millions d’habitants — est pointé du doigt. Certains médias avancent le chiffre de milliers de morts sur les chantiers, bilan que Doha, la capitale, dément, brandissant même la menace de poursuites judiciaires face aux critiques de l’Europe occidentale. Pendant ce temps, la compétition bat son plein et le Maroc vient de rééditer l’exploit du Cameroun en 1990, du Sénégal en 2002 et du Ghana en 2010, en accédant aux quarts de finale de la Coupe du monde après avoir écarté l’Espagne, un des favoris. Tout un symbole.

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