La Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson ( Photo ) a jugé « inquiétantes » les déclarations du Président tunisien Kaïs Saïed sur les migrants africains mais indiqué que l’UE continuerait de coopérer avec ce « pays clé » pour empêcher l’immigration irrégulière en Europe.
« Oui, il est nécessaire de coopérer avec la Tunisie, même si les déclarations du Président sont très inquiétantes », a déclaré jeudi 9 mars la Commissaire suédoise, interrogée à son arrivée à une réunion des ministres européens de l’Intérieur à Bruxelles.
« La Tunisie est un pays clé pour la coopération lorsqu’il s’agit d’empêcher le trafic de migrants, lorsqu’il s’agit de réadmettre les ressortissants tunisiens qui viennent ici et qui ne sont pas éligibles à la protection internationale, mais aussi d’investir dans des voies légales » de migration, a-t-elle ajouté.
Le 21 février, M. Saied a affirmé que la présence de « hordes » d’immigrés clandestins provenant d’Afrique subsaharienne était source de « violence et de crimes » et relevait d’une « entreprise criminelle » visant à « changer la composition démographique » du pays.
Après ce discours, condamné par des ONG comme « raciste et haineux », des ressortissants d’Afrique subsaharienne ont fait état d’une recrudescence d’agressions à leur encontre et se sont précipités par dizaines à leurs ambassades pour être rapatriés.
Des pays tels que le Mali, la Guinée, la Côte d’Ivoire ont affrété des avions pour rapatrier leurs ressortissants.
Dans un apparent souci d’apaisement, M. Saïed a affirmé lors d’une entrevue avec le Président de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, qui faisait escale à Tunis, que les Africains présents en Tunisie étaient des « frères », selon une vidéo diffusée mercredi par la présidence tunisienne.
La Tunisie est considérée par l’UE comme un « partenaire clé », avec l’Egypte, pour la prévention des « départs irréguliers » de migrants et les sauvetages en mer, a indiqué la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une lettre adressée le 6 mars à la Première ministre italienne Giorgia Meloni.





Tunisie
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)




