Le président rwandais Paul Kagame a confirmé lundi 24 août à Kigali que son pays discutait d’une entrée au capital de la future raffinerie de Lamu, au Kenya, un projet porté par le milliardaire nigérian Aliko Dangote et estimé à 16 milliards de dollars. Une annonce qui vient étoffer le tour de table régional d’un site censé traiter 700 000 barils de brut par jour et réduire la dépendance de l’Afrique de l’Est aux carburants importés.
Un tour de table régional à 1,5 milliard de dollars
Interrogé en conférence de presse, Paul Kagame a indiqué que les discussions étaient réelles mais encore à un stade préliminaire : « c’est un travail en cours », a-t-il résumé, ajoutant que le Rwanda serait « très heureux de participer à ce type d’investissement. »
Ses propos font suite aux révélations de David Ndii, conseiller économique du président kényan William Ruto, qui a détaillé le 20 août, au Mwango Capital Markets Forum de Nairobi, l’offre faite à la région : une participation combinée de 30 %, évaluée à 194,2 milliards de shillings kényans (environ 1,5 milliard de dollars). Le Kenya s’est vu proposer 10 % du capital, pour quelque 500 millions de dollars, tandis que l’Éthiopie et le Rwanda ont manifesté leur intérêt pour le solde. L’Ouganda, qui poursuit son propre projet de raffinerie, reste indécise.
Un chantier attendu entre septembre et octobre
La raffinerie de Lamu, dont le coût a été revu à la baisse, de 17 à 16 milliards de dollars, dépasserait en capacité nominale l’usine de Lagos (650 000 barils par jour), référence du groupe. Avec les infrastructures portuaires et pétrochimiques, la facture totale avoisinerait 20 milliards de dollars, pour une construction estimée entre trois et cinq ans. Aliko Dangote a annoncé le 8 août que la première pierre serait posée « d’ici octobre » ; côté kényan, on évoque septembre, sous réserve des autorisations réglementaires.
En échange de cette architecture, Dangote attend des gouvernements hôtes des garanties : terrains, financements régionaux, cadre réglementaire stable et protection contre les importations de carburant « à prix cassés » en provenance de Russie et d’Inde. L’adhésion de Kigali renforce ainsi la dimension politique d’un projet qui aura besoin des États voisins pour sécuriser à la fois l’approvisionnement en brut et l’accès aux marchés.





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