Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Engrais : OCP Africa est né

Engrais : OCP Africa est né

Le Groupe OCP a profité de la tenue de la 7ème conférence internationale «Argus FMB Africa Fertilizer2016», à Marrakech, pour annoncer la création de sa filiale «OCP Africa». Cette dernière va proposer aux producteurs agricoles du continent plusieurs moyens pour renforcer leur productivité. Elle comptera des filiales dans 15 pays africains.

engrais afriqueC’est la plus grande annonce de la conférence «Argus FMB Africa Fertilizer 2016», qui s’est tenue le 25 février 2016 à Marrakech : le Groupe marocain OCP crée une entité centrée sur le développement du marché africain des engrais. Baptisée «OCP Africa», cette nouvelle filiale va être chargée de piloter le développement du n°1 mondial des phosphates sur le marché africain des engrais. Elle «entend contribuer à relever le défi d’une agriculture structurée, performante et durable en Afrique en proposant aux producteurs agricoles tous les moyens de réussir : produits adaptés et abordables, services et accompagnement, solutions logistiques et financières», souligne le Groupe OCP. Concrètement, OCP Africaentend fournir aux agriculteurs africains «une offre complète de produits et services permettant l’accroissement des rendements et l’augmentation de leurs revenus», ajoute sa maison-mère.

Une ambition qu’OCP Africa entend réaliser depuis le Maroc mais aussi via la «quinzaine de filiales» africaines que le groupe envisage de créer avant la fin de l’année 2016. En effet, la nouvelle filiale va lancer la création d’un réseau de représentations dans 15 pays d’Afrique, tant à l’ouest qu’à l’est du continent. Dans chacun de ces pays, ces représentations vont s’atteler à développer les marchés des engrais, pour accroître la consommation des paysans. Car, à moyen terme, il s’agit de doubler la production alimentaire pour nourrir le milliard de personnes qui habitent l’Afrique. Les grandes opportunités viennent désormais du côté de l’Ethiopie, du Ghana, du Rwanda, de la Tanzanie et du Nigeria qui a, au passage, tracé des objectifs assez ambitieux pour son agriculture. Actuellement, les agriculteurs africains consomment moins de 10% de la quantité d’engrais utilisée en Asie par exemple, là où la révolution verte a donné ses fruits. En kilogramme, la consommation africaine ne dépasse guère 10 kg par hectare, alors que la moyenne mondiale est de 120 kg/ha.

Argus FMB Africa Fertilizer 2016 Une participation record

L’annonce de la création d’OCP Africa a été faite lors de la 7ème édition de la conférence internationale «Argus FMB Africa Fertilizer 2016», qui s’est tenue du 24 au 26 février à Marrakech. L’édition de cette année a battu tous les records en termes de participation : 400 producteurs, négociants, distributeurs, détaillants d’engrais, experts… ont répondu présent contre 350 durant l’édition précédente. Soutenue depuis son lancement en 2010 par le Groupe OCP, la conférence Argus FMB Africa Fertilizer s’est imposée comme l’évènement incontournable dédié à l’utilisation de l’engrais en Afrique. 60 pays sont représentés lors de cet événement annuel. Cette manifestation est destinée à nourrir le débat sur les stratégies pour accroître la croissance de la consommation d’engrais en Afrique occidentale, sur les stratégies de développement de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi sur les perspectives en Afrique de l’est et australe.

L’Afrique gagnerait doublement à développer la consommation d’engrais pour augmenter le rendement de ses sols et contribuer réellement à sa révolution verte. Reste à déterminer quels engrais pour quel sol. A chaque terre ses spécificités et les producteur sont désormais la responsabilité de trouver des solutions permettant d’accroître le rendement des surfaces d’une manière plus efficace. Cela passe par l’innovation, selon les experts qui estiment que les technologies mises en avant doivent être adaptées aux conditions environnementales de l’Afrique. Partant, le leader mondial, OCP SA a créé et commercialise depuis 2007 de nouveaux produits sous la gamme Performance Phosphate Products qui sont, d’après ses experts, adaptés aux sols tropicaux et subtropicaux de l’Afrique subsaharienne. Ces engrais sont déclinés en trois formules : cacao, coton et maïs. Les technologies à elles seules ne sont pas suffisantes pour augmenter la consommation. Les structures d’encadrement ainsi que les infrastructures et la logistique de distribution font cruellement défaut à l’Afrique.

Dans certains pays, les agriculteurs africains n’utilisent pas suffisamment les engrais en raison des prix élevés ou encore l’absence de réseaux d’agro-distributeurs ou parce qu’ils manquent de crédit et de garantie. L’Afrique, continent à 60% agricole, c’est 15 systèmes agricoles différents qui nécessitent une plus grande compréhension. Les responsables d’OCP Africa qui entendent faire jouer la carte de la proximité, sont décidés à mettre tous les moyens pour débloquer cette situation. Le géant marocain du phosphate n’exclut pas d’investir dans un premier temps dans des blenders, c’est-à-dire de petites unités qui recueillent les trois types d’engrais, les mélangent et font de l’ensachage pour du transport. Il pourra dupliquer son expérience marocaine des contrats package. Il s’agit des contrats dans lesquels le groupe s’engage à accompagner les distributeurs, y compris avec des discounts sur le prix, à partir du moment où eux-mêmes entreprennent le développement de la demande, et ne restent pas seulement dans leur rôle de logisticiens. D’autres investissements concernant des stockages dans les ports africains pourraient être réalisés. Globalement, il faut qu’OCP Africa envisage toutes les options possibles. D’ailleurs, pour cette entité, dirigée par Tarik Choho, un ancien d’Areva qui a rejoint le Groupe marocain mi-2015, il n’est pas question de travailler seul mais plutôt en synergie avec les gouvernements, centres de recherche agronomique ou agences de développement agricole qui existent dans chaque pays. OCP Africa, qui se fixe un objectif de 240 salariés d’ici un an, bénéficie par ailleurs du statut Casablanca Finance City (CFC), lui assurant un certain nombre d’exonérations fiscales et d’avantages réglementaires pour ses opérations au sud du Sahara.

Déjà pour le démarrage, il est prévu un investissement de 7 à 10 millions de dollars US par «filiale pays», soit au moins 100 millions de dollars US. L’annonce de la création d’OCP Africa intervient trois semaines après l’inauguration par le Roi Mohammed VI de l’«Africa Fertilizer Complex», une usine d’engrais située sur le complexe de Jorf Lasfar, sur la côte Atlantique du Maroc. D’un coût estimé à 488 millions d’euros, sa production annuelle de 1 million de tonnes est destinée aux pays d’Afrique subsaharienne. «Plusieurs projets de construction similaires à proximité des marchés de consommation» sont envisagés par OCP Africa, indique le Groupe OCP.

ocp africa

Complexe industriel Phosboucraa : Une locomotive pour les provinces sud du maroc

Dans la région de Laayoune au sud du Maroc, le Groupe OCP vient de lancer un programme d’investissement d’envergure. Au-delà de l’exploitation de la mine de Boucraâ dont les réserves sont estimées à moins de 2% des réserves nationales, le n°1 mondial des phosphates est en train de tirer vers le haut toute une région de 230 000 habitants.

Boucraa est bien partie pour être la locomotive du développement économique des provinces sud du Maroc. C’est ici que le complexe industriel Phosboucraa à Laayoune développe la mine de Boucraâ dont les réserves sont estimées à moins de 2% des réserves nationales, avec une capacité de production totale de 3 millions de tonnes par an. La nature du gisement ainsi que la géographie du lieu d’implantation du site impliquent un coût d’extraction qui est 2,5 fois plus élevé que dans les autres mines d’OCP au Maroc. «C’est pour ces raisons que l’exploitation de cette mine n’a commencé à être rentable qu’en 2008, grâce à la rigueur et à la persévérance du Groupe OCP», explique Moualainine Moualainine, Directeur de Phosboucraa.

En effet, le n°1 mondial des phosphates a investi de manière significative afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la compétitivité de Phosboucraa, pour mettre à niveau ses actifs et pour renforcer la durabilité de la mine et de ses infrastructures connexes. 2 milliards de dollars us ont ainsi été investis par le géant mondial des phosphates dans cette région entre 1976 et 2010. Ces investissements se poursuivent aujourd’hui et prennent une nouvelle dimension dans le cadre du programme de transformation industrielle. Objectif : développer une plateforme industrielle de production d’engrais. Ainsi, ce sont près de 17 milliards de dirhams soit 1,74 milliards de dollars us qui sont prévus pour la mise en place de différentes structures le long de la chaîne de valeur du phosphate : 1,2 milliard de dirhams pour les investissements relatifs à l’extraction du phosphate, 3,1 milliards de dirhams pour les opérations de traitement, 8,3 milliards de dirhams seront dédiés à la plateforme de production d’engrais et 4,2 milliards de dirhams au nouveau wharf. La réalisation de ces édifices industriels s’étendra sur les cinq prochaines années. Ce programme s’inscrit dans une vision globale et intégrée de développement des régions du sud.

Aujourd’hui, Phosboucraa emploie près de 2 300 personnes majoritairement de la région (1300), ce qui en fait le plus grand employeur privé au niveau local et un contributeur majeur à la vie économique et à l’infrastructure sociale.

La masse salariale représente 85 millions de dollars. Il faut dire qu’ici le plus bas salaire pratiqué par l’OCP est de 10 000 dirhams pendant que celui-ci n’est que de 4 000 dirhams dans le reste du pays.

Dans cette région de Laayoune de 230 000 habitants, le Groupe OCP ne lésine pas sur les moyens. «Nous consacrons un budget de 57 millions de dollars dans des projets socio-culturels. Nous venons d’ailleurs de lancer parallèlement la réalisation d’un projet socio-culturel, notamment le «Club Phosboucraa», souligne le Directeur de Phosboucraa. Le volet éducation n’est pas en reste puisque le groupe phosphatier a dédié une école de 1600 places aux enfants de ses employés mais aussi à ceux des habitants de la région pour les places restantes. La maternelle est également fréquentée par les extra OCP. Et ce n’est pas fini puisque le Groupe phosphatier entend prolonger son programme d’actions et d’investissements visant à soutenir les sites et les populations riveraines de ses installations. Pour cela, il vient de lancer le développement d’un projet de technopole pour contribuer davantage à l’essor économique et social de cette région prometteuse. Situé à 18 km de Laayoune, cette technopole baptisée « Foum El Oued » entend accompagner les projets industriels de Phosboucraa, optimiser le développement économique de la région, encourager les investissements et la création d’emplois et fournir une plateforme pour l’innovation et la recherche et développement. C’est ainsi que le programme de cette infrastructure englobe différents pôles : R&D, académique et enseignement supérieur (Universitépolytechnique Mohammed VI, lycée d’excellence), attraction touristique et culturelle moderne, services aux entreprises…

 

Agriculture OCP Africa Phosphates Tarik Choho

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*