Le Conseil des ministres du 17 décembre 2025 a dévoilé les résultats provisoires d’une campagne agro-pastorale 2025-2026 hors du commun. Avec une production céréalière dépassant les 7 millions de tonnes et un taux de couverture des besoins de 126,4 %, le pays des Hommes intègres franchit une étape décisive vers l’autosuffisance alimentaire, portée par des réformes structurelles et une sécurisation accrue du territoire.
Le Burkina Faso vient de marquer l’histoire de son agriculture. Réuni sous la présidence du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres a examiné les chiffres d’une campagne qui fera date. Pour la première fois, le pays affiche un taux de couverture des besoins céréaliers de 126,4 %. Ce chiffre signifie que le Burkina Faso produit désormais bien plus que ce que sa population consomme, dégageant un excédent confortable pour la constitution de stocks de sécurité ou l’exportation régionale.
La production céréalière totale s’établit à 7,14 millions de tonnes, soit une progression fulgurante de 17,63 % par rapport à la saison précédente. Cette dynamique ne se limite pas aux céréales classiques (mil, sorgho, maïs) ; les autres cultures vivrières, portées par une performance exceptionnelle du niébé, ont bondi de 27,9 % pour atteindre 1,25 million de tonnes. Ces résultats témoignent d’une diversification réussie des systèmes de culture, offrant une résilience accrue face aux aléas climatiques. Par ailleurs ils illustrent le succès de «l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025» lancée par le gouvernement pour assurer l’autosuffisance du pays.
La reconquête des terres : le moteur de la croissance
Cette performance n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une stratégie de reconquête et de valorisation du territoire. Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, a souligné que les superficies emblavées ont augmenté de 9,2 %.
Cette extension des surfaces cultivées est directement liée à l’amélioration de la situation sécuritaire. La sécurisation de vastes zones autrefois inaccessibles et la réinstallation progressive des populations déplacées internes (PDI) ont permis de remettre des milliers de bras à la terre. Pour soutenir cet élan, le gouvernement a misé sur des aménagements hydro-agricoles d’envergure. Au total, ce sont 127 000 hectares qui ont été spécifiquement aménagés et mis en valeur pour maximiser les rendements.
Une efficacité de récolte jugée «exceptionnelle»
Au-delà des surfaces et des volumes, c’est l’efficacité opérationnelle de cette campagne qui impressionne les observateurs. Au 30 novembre 2025, le taux de récolte atteignait déjà 86,4 %. Ce niveau d’exécution, jugé exceptionnel par les autorités, indique une meilleure organisation des producteurs, un encadrement technique plus présent et une météo qui a favorisé les travaux de fin de cycle.
Cette rapidité de récolte est cruciale : elle limite les pertes post-récoltes et permet de mettre rapidement les produits sur les marchés, stabilisant ainsi les prix pour les consommateurs urbains. L’engagement des forces de défense et de sécurité, ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), a également joué un rôle de catalyseur en sécurisant les travaux champêtres du semis jusqu’à la moisson.
Vers une transformation structurelle de l’économie rurale
Ces résultats provisoires de la campagne 2025-2026 renforcent la vision de la transition burkinabè qui a fait de la «souveraineté alimentaire» son cheval de bataille. En dépassant le seuil critique des 100 % de couverture des besoins, le Burkina Faso réduit sa dépendance aux importations volatiles.
L’enjeu, pour les mois à venir, sera la gestion de cet excédent. Le défi se déplace désormais vers le stockage, la transformation locale des produits agricoles et la distribution fluide vers les zones encore déficitaires. Le succès de cette campagne prouve qu’avec une volonté politique affirmée et une sécurisation du foncier, le défi de la faim peut être relevé, même dans un contexte de crise complexe.





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