Elles ne se contentent pas de lever des millions, elles réinventent la finance en Afrique. Voici le top 5 des fintechs opérant en Afrique francophone, ayant levé plus de 5 millions de dollars

Longtemps en retrait par rapport aux géants anglophones du Nigeria, du Kenya, d’Egypte ou d’Afrique du Sud, les startups fintech de l’Afrique francophone s’affirment désormais comme des poids lourds incontournables du paysage technologique africain. Leur point commun ? Avoir déjà levé plus de 5 millions de dollars US… mais surtout avoir su convaincre les investisseurs et les utilisateurs grâce à des propositions de valeur qui bousculent les codes.
De la démocratisation des paiements mobiles à la création de ponts entre banques et mobile money, en passant par des outils numériques adaptés aux réalités locales, ces startups changent concrètement le quotidien des populations et des entreprises.
Focus sur ces champions de l’innovation qui prouvent que l’Afrique francophone peut, elle aussi, peser lourd dans la révolution financière du continent.
1- Wave (Sénégal / Côte d’Ivoire) : 200 millions de dollars levés
En 2021, Wave a frappé un grand coup en réalisant une levée de fonds en série A de 200 millions de dollars, la plus importante jamais enregistrée pour une fintech africaine. Soutenue par des investisseurs de renom tels que Sequoia Heritage, Founders Fund, Stripe, Partech Africa, et Sam Altman, Wave est aujourd’hui valorisée à 1,7 milliard de dollars, devenant ainsi la première licorne d’Afrique francophone.
Modèle ?
Une solution de mobile money accessible, simple et aux frais ultra-compétitifs. En mettant sur la réduction drastique des coûts, Wave a démocratisé l’accès aux paiements mobiles et transferts d’argent, en défiant les acteurs traditionnels comme Orange Money et MTN.
Impact sur le continent
Des millions d’utilisateurs au Sénégal et en Côte d’Ivoire, des transactions fluides, et un modèle qui inspire toute l’Afrique de l’Ouest.
2- Djamo (Côte d’Ivoire) : 14 millions de dollars levés
Créée en 2020 par Hassan Bourgi et Régis Bamba, Djamo est devenu en quelques années un acteur central de l’inclusion financière. La startup ivoirienne propose une application bancaire mobile, des cartes Visa, des outils d’épargne et de gestion financière simples, le tout accessible même sans compte bancaire classique.
En 2023, Djamo a finalisé une levée de 14 millions de dollars, mobilisant des fonds tels qu’Enza Capital, Partech, Kaya, et Y Combinator.
Ambition : devenir la banque de demain
Djamo veut élargir son empreinte en Afrique francophone, faciliter l’accès aux services financiers pour les populations non bancarisées, et challenger les banques traditionnelles avec une expérience 100% mobile.
3- Julaya (Côte d’Ivoire / Sénégal) : 7 millions de dollars levés
Julaya s’est positionnée comme le partenaire de confiance des entreprises pour le paiement B2B via le mobile money. Sa solution simplifie la gestion des salaires, des fournisseurs et des dépenses terrain, avec une intégration fluide entre mobile money et les comptes bancaires.
En 2022, Julaya a levé 7 millions de dollars, avec des investisseurs comme Proparco, Orange Ventures et Saviu Ventures, consolidant ainsi sa position dans la sous-région.
4- HUB2 (Côte d’Ivoire) : 8,5 millions de dollars levés
Peu connu du grand public, HUB2 est pourtant une pierre angulaire de l’écosystème fintech. Sa plateforme d’interopérabilité connecte les banques, les opérateurs télécoms, les fintechs et les services crypto grâce à une API unique.
Mission : éliminer les barrières entre les systèmes de paiement et favoriser l’inclusion financière.
Levée de 8,5 millions de dollars US, avec le soutien de TLcom Capital, permet à HUB2 d’accélérer son déploiement à l’échelle continentale.
5- Bizao (France / Côte d’Ivoire / Sénégal) : 8,7 millions de dollars levés
Bizao propose une plateforme de paiements sécurisée, interopérable et adaptée aux réalités africaines. Elle permet aux entreprises de gérer des transactions via mobile money, cartes bancaires ou comptes bancaires, dans plus de 10 pays africains.
En 2022, Bizao a levé 8,7 millions de dollars US, consolidant son ambition panafricaine.
Et InTouch dans tout ça ?
Bien qu’InTouch ne communique pas officiellement sur ses levées de fonds, ses performances parlent d’elles-mêmes : plus de 3 milliards d’euros de transactions traitées en 2023. Présente dans une quinzaine de pays, la fintech sénégalaise s’impose comme un acteur clé du paiement mobile et de l’infrastructure financière dans la sous-région.
Ce qu’il faut retenir :
Les fintechs francophones ne sont plus de simples outsiders. Elles lèvent des fonds, elles innovent, elles s’étendent, et surtout, elles répondent aux besoins concrets des populations et entreprises africaines. Avec des modèles adaptés, une compréhension fine du terrain, et le soutien aux investisseurs internationaux, elles participent pleinement à façonner le futur des services financiers en Afrique.
*Sylvestre Afery, Fondateur de StartUp Médias




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