Une vingtaine de journalistes et blogueurs essentiellement d’Afrique de l’Ouest ont débuté, ce jeudi 23 juin à Dakar, une formation sur «le renforcement des capacités des médias africains dans la lutte contre les flux financiers illicites».
Initié par TrustAfrica, cet atelier qui réunit des participants venus de la Mauritanie, de la Gambie, du Ghana, du Nigeria, du Burkina Faso et du Sénégal vise à susciter davantage l’attrait des journalistes autour de la problématique des flux financiers illicites devenus un problème handicapant pour le développement de l’Afrique.
Lire aussi : Sécurité alimentaire en Afrique : Entre atouts et paradoxes
Après la fuite des cerveaux, les capitaux empruntent des canaux sinueux
Après la fuite des cerveaux dans les années 2000, un autre mal, plus grave, ronge l’Afrique : la fuite des capitaux. Appelée dans la terminologie financière les flux financiers illicites, cette fuite des capitaux est estimée à environ 88,3milliards de dollars par an. Autant d’argent ponctionné illégalement à l’Afrique. Une manne qui aurait pu être investie dans des programmes de développement. Ces fonds illicites proviennent des surfacturations ou encore des sous-facturations, de l’évasion fiscale, des prix de transfert abusifs…

Toutes les études montrent que le phénomène ne cesse de croître en dépit des législations coercitives produites par plusieurs pays africains et au niveau international. Face à cette situation préoccupante, TrustAfrica veut mettre à contribution les médias pour mettre fin à ces fuites de capitaux à travers le renforcement de leurs capacités. Pour Dr. Ebrima Sall, Directeur exécutif de TrustAfrica, les médias devront mieux comprendre les circuits de ces flux financiers illicites qui passent par des mécanismes de plus en plus sophistiqués. La lutte contre ce phénomène est donc devenue urgente.
Le phénomène prend de l’ampleur
A la lumière des communications sur la base conceptuelle des flux financiers illicites aux études des cas en passant par le travail du Groupe de haut niveau sur cette problématique, qui semble s’installer durablement dans les milieux d’affaires ou la fonction publique, respectivement données par Briggs Bomba, Directeur des programmes de TrustAfrica, de John Kaninda, avocat au Barreau de Kinshasa, spécialisé dans les mines, la réglementation et la fiscalité et Souad Aden Osman, du Groupe de haut niveau, les participants ont été édifiés par l’ampleur des pertes annuelles de milliards de dollars que l’Afrique subit du fait du phénomène. En plus de voyager dans les méandres de la complexité de ces évasions transfrontalières qui se font souvent, selon Kaninda, avec la ‘’baraka’’ des dirigeants, les participants ont eu droit à des échanges avec le patron des médias, Mactar Silla sur des angles de traitement des informations relatives à la fuite des capitaux.

Ces échanges se poursuivent ce vendredi 24 juin et l’atelier connaitra son apothéose par la tenue d’une table ronde à « La Place du Souvenir » au cours de laquelle seront discutées, entre autres, les questions des réformes qu’il faudrait engager pour arrêter définitivement les FFI, le rapatriement des fonds cachés dans les paradis fiscaux, l’implication des médias dans la lutte et le plaidoyer.





Sénégal





