Accusée d’exploiter économiquement ses anciennes colonies, la France opère depuis quelques années un rapprochement diplomatique et économique auprès des pays anglophones d’Afrique. Le Nigeria, première économie du continent en termes de PIB est de loin, son premier partenaire commercial en Afrique sub-saharienne. L’Angola et l’Afrique du Sud complètent le podium.
En Afrique subsaharienne, les principaux partenaires commerciaux de la France sont désormais le Nigeria, l’Angola et l’Afrique du Sud, selon une note publiée lundi 27 novembre par la direction générale du Trésor au ministère des Finances (Bercy).
Selon ce document, le Nigeria est désormais le premier partenaire commercial de la France en Afrique sub-saharienne en concentrant 20% des échanges commerciaux en 2022 entre l’Hexagone et les pays de la sous-région. Estimé à 5,9 milliards de dollars pour l’année dernière, le volume des échanges a littéralement explosé de 47% en 2022, après déjà une forte croissance de 14,5% l’année précédente.
Pays producteur de pétrole, le Nigeria doit cette place essentiellement à ses exportations de pétrole brut vers la France. Le Trésor français relève que les importations d’hydrocarbures naturels, d’autres produits des industries extractives, d’électricité et de déchets «représentent à elles seules 85,5 % de la valeur des échanges commerciaux entre le Nigeria et la France.»
Dans l’autre sens, le Nigeria a importé pour 641 millions de dollars de marchandises de France en 2022. La balance commerciale bilatérale reste largement à son profit avec un excédent de plus de 4,5 milliards de dollars.
De l’Angola, la France importe également massivement du pétrole et du gaz naturel. Les hydrocarbures représentent 99% des importations françaises en provenance de Luanda, pour des échanges commerciaux estimés à 4,2 milliards de dollars en 2022. Selon les services de Bercy, les importations d’hydrocarbures depuis l’Angola ont explosé «à partir du mois de février 2022, conséquence de la guerre russe en Ukraine», Paris ayant arrêté ses achats pétroliers en Russie.
Une structure d’importation, qui se retrouve également au cœur des échanges commerciaux de Paris avec l’Afrique du Sud où les hydrocarbures représentent le premier poste d’importation.
Face à des voix (souvent par ignorance) qui présentent les relations commerciales de la France en Afrique comme presque exclusivement ancrées dans ses anciennes colonies, ces données montrent le décalage entre le narratif partagé et la réalité des chiffres. Depuis plusieurs années, Paris a opéré un rapprochement diplomatique et économique avec les pays anglophones sur le continent, avec en tête le Nigeria, première économie africaine en termes de produit intérieur brut.


![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)


France





