Dans un communiqué publié ce lundi 06 juillet, le ministère des Finances ghanéen annonce avoir réglé par anticipation, une obligation eurobond de 700 millions de dollars. Selon le ministère, ce paiement se décompose en 525,2 millions de dollars au titre du principal et 174,8 millions au titre d’intérêts. Cette transaction accélère la stratégie de la gestion active de la dette du pays qui consiste à substituer les maturités de l’encours afin de profiter de la détente de taux sur le marché, et réaliser des économies sur les frais financiers.
Au total, cette transaction porte à 2,1 milliards de dollars le montant réglé aux créanciers détenteurs des eurobonds ghanéens depuis janvier 2025. Accra souligne que ce règlement a été effectué dans « le cadre des dispositions de financement planifiées, sans exercer de pression excessive sur les réserves de change du pays.» Un détail loin d’être anodin puisque la capacité d’Accra à honorer ses engagements extérieurs tout en préservant ses réserves constitue un signal adressé aux marchés financiers qui scrutent de près la trajectoire budgétaire du pays depuis plusieurs années.
Ces remboursements anticipés traduisent aussi quelque part le retour à meilleure fortune du pays qui traversait, il n’y a pas si longtemps, une crise aiguë de paiements. Fin 2022, le Ghana, étranglé par une dette insoutenable, une inflation à deux chiffres et une monnaie à la peine, avait suspendu le paiement de la majeure partie de sa dette extérieure. Il a fallu l’intervention du pompier classique, le Fonds monétaire international auprès duquel il avait obtenu 3 milliards de dollars, assorti d’une restructuration de la dette.
C’est dans ce cadre qu’a été conclu, fin 2024, l’accord d’échange portant sur environ 13 milliards de dollars d’eurobonds, au terme duquel les créanciers ont concédé des décotes en contrepartie de nouveaux titres assortis d’un chronogramme de remboursement plus soutenable pour le Trésor. Depuis, Accra a honoré tous ses engagements dans le temps. Il lui reste à maintenir cette régularité qui passe par la poursuite de l’assainissement budgétaire, de la mobilisation de recettes intérieures, conditions essentielles du rétablissement de la crédibilité de sa signature sur les marchés financiers internationaux.

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