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Grand Entretien : Alpha Barry, Directeur Afrique ATOS

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Incontestablement, le groupe français de services numériques, Atos, pesant près de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, fait de l’Afrique un marché de choix stratégique. Une stratégie basée d’abord sur le «internal first», favorisant donc le recrutement de ressources humaines locales, africaines. La Direction générale Afrique, coiffant les 12 filiales du groupe réparties aux quatre coins du continent, comptant 2600 collaborateurs, est aujourd’hui pilotée par le sénégalais, Alpha Barry. Entretien.

«Atos a l’ambition de se développer sur tout le continent»

 

AFRIMAG : Depuis six ans, Atos met progressivement en place un réseau de filiales nationales, chacune dotée de la même capacité commerciale et technique dans l’ensemble de vos trois grands métiers (infrastructures, systèmes applicatifs et big data). Combien de filiales comptez-vous actuellement sur le continent. Et pourquoi une telle organisation ?

 

Alpha Barry, Directeur Afrique ATOS

Alpha Barry, Directeur Afrique ATOS

Alpha Barry : Avec deux (2) milliards d’habitants en 2050 et une population jeune et férue d’outils et d’usages du Digital, beaucoup plus qu’ailleurs dans le monde, l’Afrique est un choix stratégique pour Atos qui a compris cet enjeu et investi depuis plusieurs années sur le continent. Atos a créé deux delivery center au Maroc et au Sénégal avec pour objectif d’accompagner cette évolution démographique et économique de l’Afrique. Nous avons désormais 2600 collaborateurs et 12 filiales et établissements sur le continent pour proposer aux entreprises locales des offres et solutions adaptées au contexte africain mais aussi pour délivrer des projets informatiques à des entreprises européennes en mode offshore.

 

Jusque-là, sur le continent, Atos a surtout mis le turbo sur l’Afrique de l’Ouest francophone et le Maghreb, plutôt qu’ailleurs. Est-ce un choix volontaire ?

 

Atos est présent, historiquement, dans les pays d’Afrique francophone et du Maghreb et dispose depuis longtemps d’une présence locale en Afrique du Sud, pays à partir duquel le groupe adresse les clients d’Afrique anglophone. Atos a l’ambition de se développer sur tout le continent et nous avons en particulier signé des contrats significatifs avec des entreprises de télécom au Nigeria.

 

Aujourd’hui, quels sont les domaines d’intervention en Afrique ; en quoi consiste la demande africaine adressée à Atos ?

Les demandes de nos clients en Afrique proviennent en grande majorité de trois secteurs que sont les opérateurs télécoms, les administrations publiques et le secteur financier.

Cependant nos offres sont au service de toute entreprise en recherche de modernisation de ses process par la digitalisation en réponse aux besoins de ses clients propres.

Les télécoms représentent 35% de l’activité, le secteur public 25%, la finance 20%, et enfin de façon variable les secteurs d’activité tels que «Energy and Utilities» (électricité, gestion de réseaux de services publics d’eau, d’assainissement et d’électricité). En ce qui concerne les projets, nos clients sont à la fois en recherche de modernisation des infrastructures matérielles et des applications de gestion et métier.

Nous conseillons, concevons et déployons pour nos clients des data center modernes, basés sur la virtualisation des différentes ressources physiques avec des fonctions de haute disponibilité, mais aussi déployons et assurons l’intégration de logiciels ERP (Entreprise Resource Planning) de type SAP pour moderniser la gestion des entreprises et administrations.

Par ailleurs les offres de services de cybersécurité et de décarbonation sont en plein développement.

 

A partir de vos filiales africaines, vous répondez également à la demande internationale. De quoi s’agit-il dans les faits ?

 

Atos a mis en place au Maroc, depuis plus d’une dizaine d’années, et au Sénégal depuis 2015 des GDC (Global Delivery Center) qui disposent d’un effectif de plus de 2000 ingénieurs ; la mission de ces GDC est de mettre à disposition de ses clients locaux et internationaux des équipes d’ingénieurs comprenant des collaborateurs expérimentés et des jeunes débutants capables de traiter avec aisance avec les clients internationaux. Notre objectif est de pouvoir proposer aux clients européens une offre de services comparable à ce qui existe avec les grandes sociétés de services indiennes.

 

Vos équipes locales sont plus importantes et davantage panafricaines que celles de vos concurrents américains ou encore indiens, entre autres. Qu’est-ce qui explique cette approche ?

 

Cette approche est due au fait que nos équipes sont constituées à 100% par des collaborateurs africains, nous recrutons dans les pays où nous sommes implantés et nous sommes en partenariat avec plusieurs universités et écoles dans tous les autres pays du continent.

 

Comment approchez-vous les talents du continent et les fidélisez-vous ?

 

Nous nous appuyons sur nos différents partenariats avec des écoles locales par exemple polytechnique Dakar pour développer les ingénieurs de notre continent, et nous proposons via notre programme «internal first» des évolutions de carrière au sein du groupe ainsi que des formations permanentes avec des partenaires tels que Harvard, Insead ou encore HEC. Nous avons déployé également des programmes de certifications (51.736 certifications en 2019 au niveau Groupe) accessibles à tous nos collaborateurs.

 

Les objectifs de développement durable sont au cœur du devenir de l’Afrique. Comment articulez-vous ces enjeux avec vos activités et votre empreinte sur le continent ?

 

Toutes les entreprises ont mis le développement durable au cœur de leur stratégie de croissance et de développement. Atos, conscient de cet enjeu mondial a annoncé cette année son engagement à être zéro émission nette à l’horizon 2035, renforçant ainsi son leadership dans ce domaine. Les technologies numériques sont une des réponses aux enjeux climatiques, le sommet de la COP21 a en effet rappelé en plusieurs occasions le rôle essentiel de ces technologies et plus globalement leurs capacités à apporter des réponses aux défis environnementaux et aux enjeux sociaux associés. L’adoption de solutions basées sur les TIC permettrait en effet de réduire de 20% les émissions mondiales de Gaz à Effet de Serre (GES) d’ici 2030 selon le GeSI1 (Global e-Sustainability Initiative). En Afrique, toutes les dimensions sont prises en compte sur ce sujet, qu’elles soient sociale, économique, éthique ou environnementale car il en dépend de l’avenir du continent. Nos offres et les services que nous délivrons à nos clients traduisent cet engagement et permettent aux pays africains d’atteindre leurs objectifs relatifs aux enjeux climatiques. Cet engagement se traduit aussi au sein même de notre organisation. A cela s’ajoute le sujet de décarbonation qui fait son entrée dans les salles de conseil des clients appuyés par les politiques publiques et la société en général.

Atos a récemment annoncé l’acquisition de EcoAct, une société de conseil reconnue en stratégie de décarbonation qui lui permettra d’accompagner les organisations de bout en bout dans la réalisation de leurs ambitions en matière de lutte contre le changement climatique.

A noter que cette société EcoAct réalise un projet de foyers améliorés qui permet de fournir aux familles rurales du comté de d’Embu des foyers de cuisson améliorés qui consomment moins de bois, émettent moins de fumée, et qui sont robustes et abordables. Ainsi, l’impact du projet est à la fois environnemental, social et économique.

 

 

Bio-express

 

Alpha Barry, d’origine Sénégalaise, travaille depuis plus de 30 ans dans le secteur des technologies de l’information, incluant une expérience de conseil au cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young à Dakar.

Après des études en informatique et en gestion, il est diplômé d’un master en audit des organisations de l’IAE d’Aix-en-Provence. Il a débuté sa carrière chez Bull, où il a occupé plusieurs postes de direction financière en Afrique (Sénégal, Cameroun, Côte d’Ivoire), aux Caraïbes (Guadeloupe), en Europe de l’Est et en Europe de l’Ouest (Pays Bas) avant de devenir Directeur financier du réseau International de l’entreprise puis Directeur financier du groupe par intérim. En 2015, suite à l’acquisition de Bull par le Groupe Atos, Alpha Barry prend la direction financière de la région Afrique, Moyen Orient et Turquie suivant ainsi de près les projets de digitalisation des clients africains. En 2020, il est nommé Directeur Général de la région Afrique.

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