Ce qui arrive en Guinée Bissau est un scénario récurrent en Afrique, à chaque élection présidentielle. Avant la proclamation officielle des résultats de la présidentielle qui s’est tenue le dimanche 23 novembre, le chef de file de l’opposition revendique la victoire. C’est ce que vient de faire Fernando Dias, considéré comme le principal adversaire du président sortant, Umaro Sissoco Embalo qui brigue un deuxième mandat à la tête de l’Etat.
Les deux camps ont tous revendiqué la victoire hier lundi avant la publication des résultats officiels, chacun affirmant avoir obtenu la majorité des voix.
Ces affirmations contradictoires risquent d’exacerber les tensions dans ce pays, déjà sujet aux rumeurs de coups d’Etat dans les heures qui ont suivi le scrutin de dimanche , lors duquel le parti qui a mené la lutte pour l’indépendance a été exclu pour la première fois. Ce dernier a appliqué à la lettre l’adage «l’ennemi de mon ennemi est mon ami.» Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), a ainsi apporté son soutien à Fernando Dias.
«Nous avons remporté l’élection présidentielle. Il n’y aura pas de second tour,» a revendiqué Dias devant ses militants rassemblés à son QG de campagne à Bissau. «Mon peuple est las et aspire à un changement à la tête de l’Etat,» a-t-il ajouté devant une foule électrisée. Si aucun des candidats à la présidence n’obtient plus de 50 % des voix, un second tour aura lieu.
Cependant, Oscar Barbosa, porte-parole de la campagne du président sortant, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’Embalo était le vainqueur et qu’il n’y aurait pas besoin d’un second tour. «Nous exhortons nos adversaires à s’abstenir d’annoncer des résultats susceptibles de remettre en cause le processus électoral,»a-t-il conseillé à l’opposition.
Fernando Dias, 47 ans, du Parti du Renouveau Social, a gagné en popularité après avoir obtenu le soutien de l’ancien Premier ministre Domingos Simoes Pereira, le chef du parti historique de l’indépendance, arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2019.
Embalo, 53 ans, est un ancien général de l’armée qui cherche à devenir le premier président en exercice de son pays à être réélu depuis trois décennies.
Plus de 65 % des électeurs se sont déplacés aux urnes dimanche, et les résultats provisoires devraient être annoncés jeudi 27 novembre.





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