Face à l’explosion des besoins de mobilité dans la capitale guinéenne, les autorités accélèrent la modernisation du transport urbain. Un vaste programme d’acquisition de 2 000 taxis et de 200 autobus marque une nouvelle étape dans la refonte d’un secteur longtemps fragilisé par la vétusté des équipements et les insuffisances de gouvernance.
Le gouvernement guinéen entend donner un nouveau visage au transport urbain à Conakry. Le week-end dernier, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a officiellement présenté un ambitieux programme d’acquisition de 2 000 taxis, dont le déploiement sera effectué par étapes.
Première phase de cette opération : un lot initial de 300 véhicules est d’ores et déjà disponible et sera progressivement mis en circulation. L’objectif est de renforcer la desserte entre les différentes communes de la capitale tout en améliorant les conditions de déplacement des usagers.
Au-delà du simple renouvellement du parc automobile, les autorités misent sur des véhicules plus récents afin d’élever la qualité du service, de renforcer la sécurité des transports et de réduire l’empreinte environnementale du secteur.
Des autobus pour renforcer l’offre de transport collectif
Le programme ne se limite pas aux taxis. Il prévoit également l’acquisition de 200 autobus destinés au transport public. Parmi eux, 50 bus déjà réceptionnés devraient entrer prochainement en service.
Cette montée en puissance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à offrir une alternative crédible aux déplacements individuels et à répondre à une demande de transport en constante augmentation dans l’agglomération de Conakry.
Tourner la page de la SOTRAGUI
Cette initiative s’inscrit dans la réforme du secteur des transports engagée depuis 2024. Les autorités prévoient notamment la création d’une nouvelle société publique appelée à succéder à la Société des transports de Guinée (SOTRAGUI), dont les performances se sont progressivement dégradées au fil des années.
Les difficultés de gouvernance, le vieillissement du parc roulant et le manque de capacités opérationnelles ont largement contribué à l’affaiblissement de cette entreprise, aujourd’hui au cœur des critiques.
Une capitale sous pression démographique
À travers ces investissements, l’exécutif cherche à anticiper les défis liés à la croissance rapide de Conakry. La capitale guinéenne, qui compte actuellement près de 2,7 millions d’habitants, pourrait voir sa population atteindre 5,5 millions à l’horizon 2040.
Dans une ville où les embouteillages et l’insuffisance des transports collectifs pèsent chaque jour sur les déplacements, la modernisation des infrastructures et du parc de véhicules apparaît désormais comme un levier stratégique pour accompagner l’expansion urbaine et soutenir le développement économique.





Guinée




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