Le ministre guinéen de la Communication, de l’Economie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a reçu mercredi 22 juillet une délégation du cabinet IUM Advisory, basé aux Emirats arabes unis. Les discussions ont porté sur l’accompagnement des autorités dans la mise en œuvre de la fiscalité numérique.
Conakry a déjà déployé un dispositif afin de fiscaliser les transactions (via la TVA) qui transitent par les plateformes numériques. Un décret du 21 mai dernier a en effet instauré une « redevance de conformité numérique » (RCN), prélevée entre 1,5 % et 7 % selon les catégories de services, sur les plateformes étrangères.
Le texte précise les critères de localisation retenus (adresse IP, moyen de paiement, numéro de téléphone ou adresse de facturation) et organise le recouvrement via les banques, les opérateurs de mobile money ou les passerelles de paiement agréées. Le produit de la redevance doit alimenter un fonds de souveraineté numérique, et des sanctions sont prévues en cas de non-conformité, pouvant aller jusqu’à une restriction technique d’accès pour les entreprises récidivistes. Aucun chiffre de rendement n’est encore disponible, le dispositif étant trop récent pour faire l’objet d’un premier bilan.
Les dispositifs diffèrent d’un pays à l’autre, mais répondent à un même objectif : mieux capter les revenus générés par l’économie numérique. Conakry s’inscrit ainsi dans une liste déjà longue de tentatives de pays africains de taxer ce secteur. Le Maroc a institué un dispositif très élaboré, qui cible non seulement les géants de la tech, mais aussi les grandes plateformes d’intermédiation de l’industrie touristique. Le Cameroun applique depuis 2026 une taxe de 3 % sur les revenus de plateformes comme Amazon, Netflix ou TikTok, construite sur la notion de « présence économique significative » introduite dans sa loi de finances. Le Sénégal affiche un bilan plutôt contrasté : sa taxe sur les paiements numériques n’a rapporté que 54,2 milliards FCFA (environ 94,5 millions de dollars) à fin mars 2026, contre un objectif initial de 94,8 milliards. Le Ghana, de son côté, avait testé une taxe comparable sur les transactions électroniques dès 2022, avant de l’abroger en 2025 faute de rendement suffisant.
L’Initiative conjointe de l’Organisation de Coopération et de Développement économique (OCDE) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur l’inspection fiscale internationale a mené 71 programmes d’appui en Afrique afin d’aider les administrations à mieux mobiliser les recettes issues de la fiscalité numérique, notamment via la TVA sur les services numériques.





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