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Interview : Batchi Baldeh, Senior Vice-Président – en charge de l’énergie, Africa Finance Corporation (AFC)

Alors que certains investisseurs se montrent toujours réticents pour accompagner les projets d’énergies renouvelables, Africa finance corporation (Afc) compte déjà une concluante expérience dans le domaine. Les avancées technologiques des dernières années ont permis de baisser les coûts d’investissement, tout en améliorant l’efficience. Du coup, le kilowattheure (Kwh) éolien ou solaire est produit à des coûts de plus en plus profitables.

« Le renouvelable est de plus en plus rentable »

AFRIMAG : En matière d’énergie renouvelable, beaucoup de pays font face à des difficultés de financement. Est-ce le cas aujourd’hui, en comparaison avec les années précédentes, d’associer à de tels projets des partenaires comme les banques, les compagnies d’assurance ou les fonds d’investissement ?

batchi-baldeh-afcBatchi Baldeh : Il y a bien peu de lieux dans le monde qui présentent plus d’opportunités dans les énergies renouvelables qu’en Afrique qu’il s’agisse du solaire, de l’éolien, de l’hydroélectrique ou du géothermique. Néanmoins, les projets dans ce domaine ont du mal à se multiplier sur le continent. Cela s’explique par les besoins en capital relativement importants pour les projets d’énergie renouvelable, mais également aux difficultés de trouver des fonds pour les acquérir.

Par ailleurs, à la différence des énergies conventionnelles, les unités de production d’énergies renouvelables ne sont pas fonctionnelles 24/24. Comparativement, cela en allonge le délai de récupération. Par conséquent, elles ont besoin d’un financement conçu sur le très long terme et d’une dose de patience pour l’investisseur. De tels fonds sont de plus en plus disponibles avec le Fonds mondial pour le climat, le Fonds mondial pour l’environnement, ainsi qu’avec un certain nombre de sources de financement bilatérales portées sur le climat. Les banques et les fonds d’investissement en capital, cherchent effectivement à travailler de concert avec de telles sources de financement pour rendre viable les projets d’énergie renouvelable en Afrique.

Cependant, la vague tend à s’inverser, et nous voyons un intérêt plus grand pour les projets d’énergie renouvelable pour les investisseurs internationaux. Les projets dans le renouvelable foisonnent à travers le continent et un certain nombre de nouveaux investissements transforment le secteur. En particulier, avec la baisse continue du prix des panneaux solaires et des coûts des centrales à énergie solaire (Ces) combinée à l’utilisation de plus en plus fréquente de solutions de financement créatives, le photovoltaïque solaire commence à avoir des tarifs compétitifs à travers le continent.

Africa finance corporation (Afc) agit en tant que conseil, bailleur de fonds ou apporteur de capitaux, soutien technique et développeur de projets d’infrastructures. La composition à la fois publique et privée de nos actionnaires est unique pour une institution de financement de développement et nous permet de réunir adéquatement les capitaux du secteur privé, une mentalité commerciale avec les sponsors des projets et les gouvernements.

À travers un tel modèle, nous pouvons réaliser des projets d’infrastructures, notamment, des projets d’énergie renouvelable ou conventionnelle, qui ont un effet tangible pour les économies africaines et génèrent une rentabilité significative pour les investisseurs.

Pouvez-vous nous citer des projets de production d’énergie renouvelable que Afc a accompagnés ou financés?

Les projets d’énergie renouvelable dans lesquels Afc a investi en Afrique sont nombreux. En exemple, je peux citer la Cabeola Wind Farm (centrale éolienne) au Cap Vert, un projet de 26 Mw et première centrale éolienne basée sur un partenariat public-privé en Afrique subsaharienne. Elle fournit actuellement à ce pays insulaire plus de 20% de ses besoins électriques.

L’accréditation d’Afc en tant que première institution partenaire du Fonds vert pour le climat nous permettra également d’accéder à plus de possibilités de financement des projets d’énergies renouvelables. C’est aussi pour nous une opportunité de dupliquer des initiatives comparables à celle de Cabeolica à travers le continent.

En juin 2016, Afc a fusionné ses ressources destinées au secteur de l’énergie avec celles du Paidf gérées par Harith General Partners, pour créer une nouvelle entreprise orientée vers l’énergie. Nous comptons révolutionner la manière d’investir dans l’énergie au niveau du continent et d’attirer plus rapidement les sources de financement et à une échelle plus large. Le portefeuille comprend actuellement plusieurs projets significatifs d’énergie renouvelable comme celui de Cabeolica, mais également la Centrale éolienne du Lac Turkana au Kenya.

En plus, Afc est en train d’évaluer plusieurs autres projets dans lesquels il est peut-être possible d’investir pour  son portefeuille d’investissement dans l’espace.

La rentabilité des projets d’énergies renouvelables est étroitement liée au cours des hydrocarbures. À présent que les prix du pétrole sont autour de 40-50 dollars US, pensez-vous que cela peut continuer à être un bon investissement?

Oui. Au moment où les centrales utilisant les énergies fossiles, continuent d’être la plus grande opportunité d’offrir aux pays africains l’électricité dont ils ont besoin pour porter leur croissance économique, les projets d’énergie renouvelable peuvent faire partie du mix énergétique et peut donner une bonne rentabilité aux investisseurs. De plus, les technologies des énergies renouvelables ont fortement évolué au cours des 20/30 dernières années. Il y a des avancées notoires aussi bien dans le solaire que dans l’éolien, qui ont à la fois permis de réduire les coûts d’investissement tout en améliorant l’efficience des unités de productions énergétiques.

Comme résultat, le coût relatif du kilowattheure issu du renouvelable continue à baisser.

Cependant, le plus grand défi pour le renouvelable en Afrique, est dans la résistance de certains gouvernements face à la nécessité d’accorder des subventions et d’adopter des politiques  de tarification favorables à travers lesquelles les consommateurs sont facturés en fonction des coûts réels de production. De sorte que les opérateurs peuvent plus facilement réaliser leur retour sur investissement.

Au niveau d’Afc, nous croyons que le potentiel des énergies renouvelables au niveau du continent est énorme, néanmoins les gouvernements doivent fournir plus d’effort afin de créer un environnement favorable à l’investissement. Nous avons rencontré une réussite dans la réalisation de projets d’énergie renouvelable à grande échelle.

Nous sommes intéressés par le développement de nouveaux projets capables de se prendre en charge avec ou sans subventions publiques.

Africa Finance Corporation Batchi Baldeh Energies renouvelables

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