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Interview : Slim Kchouk, PDG de Siemens Maroc

 

 

« Notre usine du Maroc a été conçue principalement pour l’export vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe »

 

AFRIMAG : Le groupe Siemens a officialisé le  10 mars dernier la construction d’une usine de pales d’éoliennes à Tanger pour un investissement de 100 millions d’euros. Pourquoi ce choix du Maroc pour cette implantation ? A quand l’entrée en production de cette usine ?

slim-kchouk-ceo-siemens-marocSlim Kchouk : Premièrement, le Maroc possède un environnement économique et politique stable ainsi qu’une main-d’œuvre jeune et motivée. Deuxièmement, le pays a réalisé des investissements stratégiques dans ses infrastructures, notamment les routes et les ports. La zone franche de Tanger était pour nous un choix évident vu l’infrastructure environnante telle que le port de Tanger. Plusieurs entreprises du secteur automobile et aérospatial y ont déjà implanté des unités de production et nous serons les premiers à le faire pour la fabrication de pales d’éoliennes au Maroc et dans toute la région MEA (Moyen-Orient et Afrique). Tertio, le Maroc compte plusieurs institutions qui soutiennent le recrutement ainsi que la formation.

 En outre, le gouvernement marocain a présenté un plan global visant à améliorer ses infrastructures énergétiques. Il ambitionne de couvrir 52 % des besoins énergiques du pays avec des énergies renouvelables (dont 20 % d’éolien) d’ici 2030. Le développement du marché local n’a fait que renforcer notre choix du site. Les travaux de construction ont déjà débuté et l’usine devrait être opérationnelle au printemps 2017.

Dans le contrat vous liant avec le gouvernement marocain dans le cadre de ce projet, Siemens va construire cette usine pour produire des pales d’éoliennes qui seront destinés à équiper plusieurs parcs éoliens au Maroc totalisant 850MW. Comment allez-vous y prendre ?

L’usine a été construite pour un impératif global des demandes croissantes de pales dans le monde, cette usine a été donc conçue principalement pour l’export vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Une petite partie de cette production sera dédiée au projet des 850MW. Les pales seront transportées de l’usine par camion jusqu’au port de Tanger Med, puis expédiées par navire vers le port le plus proche du site du montage où elles seront acheminées par camion pour leur dernier trajet. 

Siemens envisage d’ores et déjà d’utiliser sa future usine marocaine comme base de production pour exporter vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Est-ce à dire que le potentiel du marché africain est captivant ?

Siemens fabriquera des pales pour éoliennes terrestres,  principalement à destination de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique). Siemens commencera par produire des pales de 63 mètres de long, mais l’usine sera conçue pour fabriquer également des modèles plus grands, en anticipation des développements technologiques futurs. Les pales qui sortiront de l’usine marocaine seront parmi les plus grandes pièces composites monobloc au monde.

Comment Siemens voit-il l’éolien onshore en Afrique ?

Siemens fait partie des plus grands fabricants mondiaux d’éoliennes. Nous étions deuxièmes en termes de nouvelles unités installées en 2014. En ce qui concerne l’éolien terrestre, nous étions numéro 4 en 2014. Dans ce secteur, nous sélectionnons des marchés sur lesquels nous pouvons exploiter nos atouts en tant que pionniers de l’éolien. L’Afrique a du potentiel éolien onshore partout où les conditions de vent sont idéales et où la volonté politique de pousser ces projets existe. Dans tous les cas, le potentiel est évident, par exemple, en Tunisie, en Mauritanie, au Kenya, en Afrique du sud et en Égypte.

Siemens qui a fabriqué les turbines de la centrale solaire Noor I a également obtenu la conception de celles des centrales Noor II et Noor III, qui seront construites dans le cadre du projet solaire Noor qui sera, à son achèvement, le plus grand complexe solaire au monde.

Qu’est-ce qui a pesé dans le choix du Maroc de vous confier ce projet ? Quand allez-vous livrer ces turbines ?

Je ne peux parler au nom des responsables qui nous ont confié le projet. Cependant, le choix de Siemens est sûrement lié à la durée de vie, la flexibilité ainsi que la fiabilité des produits que nous livrons. Nous avons plus de 20 ans d’expérience dans l’utilisation des turbines à vapeur dans les centrales CSP. Contrairement aux centrales à combustible fossile classiques, les centrales solaires thermiques ne peuvent pas fonctionner 24 heures par jour. En fonction de la quantité de lumière du soleil, elles peuvent fonctionner à pleine charge ou à charge partielle, ou (la nuit) être inactives, cela signifie que les turbines à vapeur doivent gérer les arrêts de jour et de nuit, et sont donc exposées à des contraintes importantes. Il est donc essentiel que les turbines soient particulièrement bien adaptées à une utilisation dans les centrales héliothermiques. À ce jour, Siemens a fourni et mis en service au niveau mondial, plus de 70 turbines à vapeur pour les systèmes CSP de toutes sortes.

En conclusion, «Time is money» : nos turbines à vapeur sont très efficaces. L’objectif étant de rendre le CSP particulièrement rentable. Nous comptons livrer nos turbines fin 2016.

Dans un nouveau rapport, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables estime que d’ici 2025, les coûts moyens de l’électricité pourraient diminuer de 59% pour l’énergie solaire photovoltaïque et de 43% pour le solaire thermique à concentration. Pour l’éolien offshore, ils baisseraient de 35% et pour l’éolien onshore de 26%. Qu’en pensez-vous ?

Quels que soient les pronostics et les chiffres avancés, nous essayons de nous adapter aux opportunités du marché.  Le gouvernement marocain a, par exemple, lui-même fixé des objectifs ambitieux : d’ici 2020, le pays prévoit d’augmenter la capacité dans l’énergie solaire, l’énergie éolienne et hydroélectrique de 2000 mégawatts (MW) chacune. En ce moment, la part de la capacité de production d’énergie renouvelable à base installée est censée atteindre 42%.  En 2030, ce pourcentage est censé grimper à 52%. Les étapes importantes dans cette voie ont été la construction de la première des quatre centrales solaires dans la province d’Ouarzazate, dans le sud du pays, ainsi que la construction de parcs éoliens importants. Nous avons donc établi notre stratégie pour fournir et participer à ce projet national.

Si nous constatons que l’économie mondiale devient plus consciencieuse de la place de l’écologie, de la nécessité de baisser la consommation d’énergie, alors nous allons concentrer notre savoir-faire technologique sur cela. Nos activités compétitives aujourd’hui ont toujours, au moins, deux dimensions : quels marchés, quelles opportunités sur le marché et qui sont nos concurrents sur ce marché d’un côté, et de l’autre, comment nous pouvons nous différencier.

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