«C’est pour moi tellement important d’avoir montré au monde du surf que le Maroc est aussi une destination de surf de grosses vagues»
Premier Marocain invité au prestigieux TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, Jérôme Sahyoun marque un tournant pour le surf marocain et africain. À 45 ans, le big wave rider revient, dans cet entretien, sur la portée symbolique de sa participation, ses sensations à Nazaré, ses regrets sportifs, son rapport au risque et ses futurs défis.

AFRIMAG : Vous êtes le premier Marocain à avoir participé au TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. En quoi ce moment est-il historique pour vous et pour le surf marocain ?
Jérôme Sahyoun : Oui, c’était une grande fierté de porter le drapeau marocain dans une compétition internationale de ce niveau. J’y tenais vraiment. C’est extrêmement important pour moi d’avoir montré au monde du surf que le Maroc est aussi une destination de surf de grosses vagues. On connaît surtout le pays pour ses spots accessibles, mais il y a aussi un potentiel énorme sur des vagues très engagées.
AFRIMAG : Après huit ans d’absence à Nazaré, quelles sensations et quelles émotions avez-vous ressenties en retrouvant cette vague mythique en compétition ?
Jérôme Sahyoun : Quand on est surfeur de grosses vagues, on doit être prêt physiquement en permanence. L’entraînement fait partie de mon quotidien. Nazaré reste une vague impressionnante, mais je surfe des grosses vagues toute l’année, partout dans le monde, donc j’étais prêt. Il y avait aussi beaucoup d’émotion, car j’ai énormément de souvenirs là-bas, et ça m’a fait plaisir de revoir beaucoup d’amis.
AFRIMAG : Vous faisiez équipe avec Benjamin Sanchis, référence mondiale du big wave. Qu’est-ce que ce partenariat vous a apporté sur le plan sportif et mental ?
Jérôme Sahyoun : Benjamin Sanchis est avant tout un ami de longue date. On partage énormément de trips de surf ensemble. J’ai une confiance totale en lui, et c’est réciproque. On se complète parfaitement dans notre recherche d’adrénaline et de performance. Je tiens aussi à remercier Axi Munien, qui était là pour notre sécurité et qui m’a énormément appris dans le surf de grosses vagues.
AFRIMAG : Vous terminez 10ᵉ au classement individuel avec quelques regrets. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre performance personnelle ?
Jérôme Sahyoun : Je suis un peu frustré de ne pas avoir eu les bonnes vagues pour m’exprimer comme je l’aurais voulu. La compétition est compliquée, et je n’ai pas eu les bonnes vagues sur mes priorités. Quarante minutes, ça passe très vite. Malgré tout, réussir à surfer six vagues en quarante minutes, c’est déjà beaucoup à ce niveau-là.
AFRIMAG : À 45 ans, vous évoluez encore au plus haut niveau. Comment l’expérience a-t-elle influencé votre approche du risque et de la préparation ?
Jérôme Sahyoun : 45 ans, c’est jeune ! (rires). Même si on nous appelle parfois les papis du surf de gros. Je m’entraîne tous les jours pour rester en forme, pour moi, mais aussi pour mon fils Liam, qui a 16 ans et qui surfe lui aussi des grosses vagues. Il compte sur moi pour l’emmener surfer à travers le monde, donc je dois être prêt physiquement et mentalement.
AFRIMAG : Pensez-vous que cette première participation marocaine à Nazaré puisse ouvrir la voie à une nouvelle génération de surfeurs africains, notamment marocains ?
Jérôme Sahyoun : Oui, je l’espère vraiment. Il faut savoir que c’est une compétition sur invitation, et qu’il faut déjà une certaine reconnaissance dans le milieu pour être invité. Mais si ma participation peut inspirer des jeunes et leur montrer que c’est possible, alors c’est déjà une victoire.
AFRIMAG : Jeffreys Bay ou encore Cave Rock en Afrique du Sud font rêver les amateurs de sensations fortes. Pourraient-elles être vos prochains défis ?
Jérôme Sahyoun : Je surfe des grosses vagues à travers le monde depuis maintenant quinze ans. L’Afrique du Sud est une destination incroyable où j’ai déjà surfé, mais j’ai promis à ma famille que le risque des grosses vagues suffisait et que je n’allais pas ajouter celui des requins. Là-bas, ce n’est pas de la rigolade, il y en a beaucoup. Je me lance toujours de nouveaux défis, mais je ne les dévoile jamais. Je peux juste donner deux indices : les grosses vagues… et le surf de nuit.









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