Le gouvernement sénégalais réagit à l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre des magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI), dont un magistrat sénégalais officiant dans cette juridiction internationale basée à La Haye (Pays-Bas)
«Le Sénégal a appris avec étonnement les sanctions américaines contre quatre Magistrats de la Cour pénale internationale (CPI), dans l’exercice de leur mission, dont le juge sénégalais, Mame Mandiaye NIANG.
Le Sénégal invite les autorités américaines à retirer ces sanctions qui constituent une grave atteinte au principe de l’indépendance de la justice et au droit des Magistrats de la Cour d’exercer de façon libre et sereine le mandat qui leur est confié par les 125 Etats membres parties au statut de la CPI, » indique le communiqué du gouvernement sénégalais. Et le communiqué d’ajouter : «le Sénégal, premier pays à avoir ratifié le Statut de Rome, exprime sa pleine solidarité à Monsieur NIANG, aux autres Magistrats visés par les sanctions, et réaffirme son soutien indéfectible à la CPI dans sa mission au service de la justice pénale internationale.
Le Sénégal appelle instamment les Etats Parties à réaffirmer leur solidarité à la Cour, et à redoubler d’efforts pour s’assurer que les Magistrats et tout le personnel de la Cour puissent remplir leur mission en toute indépendance, sans menaces ni restrictions. »
Le Premier ministre félicite le Chef de l’Etat pour son soutien ferme à la CPI
Après la réaction du gouvernement sénégalais, le premier ministre Ousmane Sonko a félicité le Président Bassirou Diomaye Faye, pour son »leadership éclairé et sa position ferme en soutien à la Cour pénale internationale, et tout particulièrement à notre compatriote Mame Mandiaye Niang ».
Ousmane Sonko affirme apporter »un soutien personnel, total et indéfectible à notre compatriote, dont j’ai pu apprécier l’engagement profond envers les principes fondamentaux et sacrés de la justice. »
Le gouvernement du Sénégal, son pays, dit-il, se »tiendra résolument à ses côtés pour faire face à ces mesures injustes et infondées des États Unis d’Amérique. »
Le contenu des sanctions américaines contre la CPI
Les mesures de sanctions rendues public mercredi 20 août par le Departement d’Etat américain avaient été annoncées en juin dernier.
Elles consistent principalement en une interdiction d’entrée sur le sol américain et un gel des avoirs éventuels détenus aux Etats-Unis, ainsi que toute transaction financière avec les personnes visées par les sanctions.
Pourquoi Trump s’en prend-il aux magistrats de la CPI ?
Les États-Unis reprochent aux quatre juges de la CPI d’avoir « directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des Etats-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays. »
« Aujourd’hui, je désigne Kimberly Prost (Canada), Nicolas Guillou (France), Nazhat Shameem Khan (Fidji) et Mame Mandiaye Niang (Sénégal) « , pour avoir « directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des États-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays, » a déclaré dans un communiqué publié mercredi le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
Il souligne que les États-Unis « ont clairement et fermement exprimé leur opposition à la politisation de la CPI, » et a qualifié de « menace pour la sécurité nationale » les démarches entreprises par la CPI contre des soldats américains et contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant.
Diverses procédures ont en effet été engagées par la CPI contre des soldats américains suspectés d’avoir commis de présumés crimes de guerre en Afghanistan durant la période 2001-2021.
La réaction de la CPI
Dans un communiqué la Cour pénale internationale qualifie les sanctions américaines d’attaque « flagrante. »
Elle qualifie «d’affront envers les États membres de la Cour, l’ordre international fondé sur des règles et, surtout, des millions de victimes innocentes à travers le monde, » les mesures de sanctions américaines contre ses magistrats.
« La CPI continuera à remplir ses mandats en stricte conformité avec son cadre juridique, sans tenir compte des pressions ou des menaces, » note le communiqué de la Cour qui fait l’objet d’attaques souvent de la part de l’administration Trump.
Les Etats Unis avaient sanctionné en février dernier le procureur de la CPI, le britannique Karim Khan qui s’est mis volontairement en congés en mai dernier après des accusations d’harcèlement sexuel.
Au cours de son premier mandat, Donald Trump, avait également ciblé à travers des sanctions l’ancienne procureure de la CPI, la gambienne Fatou Bensouda. Des sanctions levées par la suite à l’arrivée de Joe Biden.





Sénégal


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