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La Jeunesse en Afrique : un dividende ou une malédiction démographique ?  

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En 2050, l’Afrique comptera environ 3 fois plus de jeunes en âge de travailler (entre 15 et 24 ans) que la Chine : 330 millions versus 120 millions. Mais «le dividende démographique» risque de se transformer en «malédiction démographique».

En effet, sans rupture dans les politiques publiques des États africains et une approche disruptive dans les politiques d’aide au développement, le taux de NEET (Not in Education Employment or Training) parmi les jeunes actuellement de 20% risque de dépasser largement ce seuil. A titre d’illustration si ce taux reste à 20%, on aura en 2050 une population africaine jeune dans l’oisiveté équivalente à la population actuelle de la France.

Hamid Ben Elafdil

Par Hamid Ben Elafdil, Président de JADARA Foundation.

Quelles sont alors les alternatives pour cette jeunesse : le secteur informel qui absorbe actuellement 95% de cette population, la migration forcée, ou les groupements criminels et terroristes. Je me réjouis de lire que l’UE va investir 150 milliards d’euros en Afrique entre 2022 et 2028 dans le cadre du plan d’investissement en infrastructures «Global Gateway» et que l’Education fait partie des secteurs ciblés par ce plan.

Mais à mon avis l’enjeu pour l’éducation n’est pas au niveau des infrastructures physiques mais plutôt au niveau du changement de paradigme pour que les entreprises de toutes nationalités qui souhaitent investir en Afrique puissent y trouver les compétences et permettre à ce continent de bénéficier de ce dividende démographique.

Le plan Global Gateway pourrait contribuer au financement des transformations suivantes pour les pays africains qui les initient :

1- Dissociation du système de formation technique et professionnelle du système scolaire formel au niveau de la gouvernance mais surtout au niveau de l’approche programmatique très rigide et toujours « drivée » par l’offre ;

2- Impliquer davantage les opérateurs économiques et leurs fédérations sectorielles dans la définition des orientations et la conception des programmes de formation et dans le fonctionnement et l’évolution du dispositif de formation professionnelle ;

3- S’appuyer sur les organisations de la Société Civile pour développer des approches innovantes de seconde chance et de développement des soft skills.

4- Privilégier les formations duales (en alternance ou par apprentissage) qui permettent aux jeunes de baigner dans un environnement professionnel de façon précoce et d’y être exposés aux exigences en termes d’aptitudes et de discipline.

Par ailleurs, le plan Global Gateway pourrait structurer des programmes de financement ciblant directement les jeunes à travers des organisations de la Société Civile avec :

5- Un financement dédié aux jeunes pour leur permettre de suivre des formations accessibles en ligne donnant accès à des certifications internationales ;

6- Un renforcement des moyens de Erasmus+ pour permettre à un plus grand nombre de jeunes africains d’en bénéficier soit dans le cadre d’échanges, de stages ou de compagnonnage.

Seul un investissement massif et ciblé dans le capital humain africain, combiné à des réformes améliorant le climat des affaires, permettra aux pouvoirs publics africains d’attirer plus d’investissements et de réduire le risque de troubles politiques que peut générer un taux de chômage important.

Par ailleurs, la maîtrise du risque migratoire ou terroriste ne peut se faire sans une prospérité tant attendue en Afrique. L’UE, destination majeure de cette migration non souhaitée ; peut saisir l’opportunité historique du plan «Global Gateway» pour créer des connexions durables avec la jeunesse africaine. 
Mais tout cela n’aurait d’effet si le «brain drain» d’Afrique vers les pays développés continue.

Bio-express

Hamid Ben Elafdil, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, combine une double expertise en sa qualité d’entrepreneur multirécidiviste et dirigeant d’entités publiques en charge de la promotion des investissements et de l’accompagnement des investisseurs. Il a fortement contribué à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques d’amélioration du climat des affaires au Royaume du Maroc.

Chef d’entreprise, il est engagé dans les structures associatives soit en tant que co-fondateur comme au CJD Maroc et Réseau Maroc Entreprendre ou comme membre actif comme à Angels4africa, Business Network International ou à la CGEM où il a été élu Vice-président général de la Fédération Commerce et Services.

Il dirige actuellement Axwin Holding et est Président de Al Khibra Assurances et Président du Conseil d’Administration de Delta Drone Africa

Dans le cadre de son engagement sociétal, il préside JADARA Foundation.

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