Le fait est inhabituel pour ne pas être souligné. Dans une note de synthèse sur l’économie béninoise, les analystes de l’agence de notation Fitch Ratings dont les opinions sont particulièrement scrutées par les marchés financiers, brossent des perspectives très positives du pays.
Selon Fitch, la croissance du PIB réel du Bénin devrait s’établir à 6,3% cette année et à 5,9% en 2023, notamment grâce à l’augmentation des cours du coton et à la hausse des investissements publics.
Au contraire des économies de la région (ndlr : Uemoa) dont la croissance dépend de la consommation des ménages, au Bénin, ce sont les investissements publics dans les infrastructures qui seront le moteur de la croissance. Comme un peu partout, Keynes redevient «tendance» dans les choix de politique économique. Le gouvernement du président Talon ne s’y est pas trompé.
Un plan d’investissement de plus de 20 milliards de dollars
Fin 2021, il avait approuvé un gigantesque plan de 20,5 milliards de dollars qui s’étale jusqu’en 2026 qui vise à accélérer les investissements dans les infrastructures.
Par effet d’entraînement, Fitch prévoit une croissance des investissements privés dans le pays au cours des cinq prochaines années et une forte reprise de la consommation de ménages tirée par la hausse des cours du coton dont le Bénin est un des principaux exportateurs. Par ailleurs, les politiques anti-inflationnistes adoptées par le gouvernement, y compris l’exonération de la TVA sur des produits de première nécessité, permettront de contenir l’inflation qui devrait s’établir à 3% sur l’ensemble de l’année 2022.
Pour 2023, la croissance du PIB réel devrait ralentir à 5,9% en raison des efforts que devrait déployer le gouvernement en matière d’assainissement budgétaire, après l’approbation par le Fonds monétaire international (FMI) d’un programme de financement de 638 millions de dollars en faveur du pays.
Le léger tassement de la croissance prévu en 2023 découlerait également de la baisse attendue des prix du coton, en raison d’une faible demande mondiale et de la diminution de la consommation intérieure.
Seule ombre au tableau, les conséquences qui découleraient d’une éventuelle multiplication des attaques terroristes dans le nord du pays, les groupes djihadistes actifs au Sahel cherchant à y établir des bases. Cela pourrait générer une explosion des dépenses sécuritaires, ce qui pèserait sur la situation budgétaire et entraverait la mise en œuvre du programme de développement du pays, concluent les analystes de Fitch.


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