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L’Angola, un pays sur la voie de l’émergence

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José Edurdo Dos Santos, Président de l'Angola

José Edurdo Dos Santos, Président de l’Angola

  • Deuxième économie d’Afrique australe, l’Angola voit son économie exploser
  • Conscient du risque que représente la trop forte dépendance au pétrole, le président angolais José Eduardo Dos Santos, met une nouvelle stratégie en place : diversification de l’économie à travers la relance de l’agriculture et le développement d’une industrie locale
  • Le domaine social, notamment l’éducation, la santé et la protection sociale, qui s’accaparent du tiers des dépenses, conformément aux engagements du chef de l’Etat pendant sa campagne électorale de 2012, sont également des priorités

Classé par le World Economic Report 2013 comme le pays où le retour sur investissement est le plus important au monde, l’Angola est le premier bénéficiaire des Investissements directs étrangers en Afrique (IDE). Deuxième économie d’Afrique australe après l’Afrique du Sud, l’Angola voit son économie exploser. Ce n’est pas un hasard s’il peut s’enorgueillir d’être le seul pays au monde qui a vu son Produit intérieur brut (PIB) décupler ces dix dernières années.

Mines : de nouveaux investissements

Mines de diamantLe géant pétrolier français Total et ses partenaires ont pris la décision finale d’investissement du projet Kaombo dans l’offshore ultra profond, situé à 260 kilomètres au large de Luanda. Total en a fait l’annonce ce 14 avril 2014. Montant de l’investissement : 16 milliards de dollars. Le démarrage de la production sur le site, dont la capacité devrait atteindre à terme 230 000 barils par jour, est prévu en 2017, précise le groupe français dans un communiqué. Total, présent en Angola depuis 1953, est déjà le premier producteur de pétrole dans le pays avec une production représentant 186.000 barils équivalents pétrole par jour. Opérateur du projet, Total en détient 30 % aux côtés de la compagnie angolaise Sonangol (30 %), de Sonangol Sinopec International (20 %), d’ExxonMobil (15 %) et de Galp Energia (5 %). En dehors du pétrole, le secteur minier angolais, très diversifié sera porté par l’entrée en production de quatre nouvelles mines de diamants.

Riche en hydrocarbures et en ressources minières, le deuxième producteur de pétrole de l’Afrique, derrière le Nigeria, devrait voir sa croissance économique s’accélérer encore cette année. En effet, la production pétrolière (1,75 million de barils/jour en 2013 contre 1,8 million de barils/jour en 2012) devrait augmenter en 2014. Le pays que les économistes citent comme le futur Dubaï de l’Afrique peut aussi compter sur la production de gaz naturel liquéfié (GNL), qui a commencé en juin dernier sur le site de Soyo. Il faut dire que le véritable moteur de l’économie angolaise est le pétrole qui représente 70 % des recettes fiscales et 97 % des exportations du pays.

Aujourd’hui, conscient du risque que représente la trop forte dépendance au pétrole, le président angolais José Eduardo Dos Santos, est plus jamais décidé à diversifier l’économie, relancer l’agriculture et développer une industrie locale, mais aussi le domaine social, notamment l’éducation, la santé et la protection sociale, qui à eux seul s’accaparent du tiers des dépenses, conformément à ses engagements pendant sa campagne électorale de 2012. Résultat : depuis, les dépenses ont globalement augmenté, dépassant désormais 40% du PIB.

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Au-delà, un autre plan national de développement dont le but est de diversifier l’économie et lutter contre le chômage est en marche, ce qui n’est pas sans entrainer d’importants investissements publics. Aux bas mots, le pays s’est doté de grands plans de réhabilitation, de modernisation et de construction d’infrastructures. Dans son étude sur « les infrastructures de l’Angola : une perspective continentale », la Banque mondiale estime que ce vaste pays, avec une superficie de 1 247 000 km2, devrait investir au moins 20 milliards de dollars, principalement dans les transports, l’eau, l’énergie et les télécommunications.

A ce jour, près de 5 milliards de dollars auraient été investis dans les routes et les chemins de fer, essentiellement grâce à des lignes de crédit chinoises. Dans les télécommunications, quelque 10 000 kilomètres de fibre optique, doivent être installé dans les 18 provinces du pays. Et le câble doit aussi être utilisé pour transmettre la voix et les données entre l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie. Au courant du mois de mai 2014, est encore prévue la mise en place d’un câble sous-marin entre l’Angola et le Brésil.

Luanda, la ville qui brille

Des nouvelles résidences poussent à Lunda comme des champignons

Des nouvelles résidences poussent à Lunda comme des champignons

Luanda a effectivement des allures de chantier à ciel ouvert, avec la construction de dizaines de tours dans les quartiers d’affaires. La ville nouvelle sortie de terre par des ouvriers du géant chinois Citic Construction, est encore en train d’accueillir 200 à 500 000 habitants.

Par ailleurs, pour le gouvernement angolais, la diversification doit passer également par la mise en place d’une industrie et d’une agriculture avec l’aide de partenaires étrangers.

Refriango, un des principaux industriels agro-alimentaire du pays a étrenné il y a quelques mois son usine flambant neuve et ultra-moderne. Si l’eau minérale qu’il embouteille est made in Angola, les jus de fruits sont fabriqués à partir de pulpes achetées sur le marché mondial et de sucre venu du Brésil, en attendant une production locale.

[caption id="attachment_985" align="aligncenter" width="185"]Maria Luisa Perdigao Abrantes, secrétaire d’Etat dans le gouvernement angolais Maria Luisa Perdigao Abrantes, secrétaire d’Etat dans le gouvernement angolais[/caption]

Une nouvelle loi sur les investissements étrangers

Une nouvelle loi sur les investissements étrangers en Angola est en préparation, à en croire Maria Luisa Perdigao Abrantes, secrétaire d’Etat dans le gouvernement angolais et par ailleurs présidente de l’Agence nationale de l’investissement privé (ANIP). Elle devrait constituer un excellent coup de pouce pour une bonne partie des 17 000 entreprises créées par le guichet unique du pays mis en place en 2003, selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD) daté de 2012, lequel rapport révèle par ailleurs que la «majorité des entreprises privées angolaises sont petites et familiales. Cette nouvelle loi va principalement renforcer les obligations sur le transfert des compétences et de technologie à effectuer par les entreprises étrangères au profit des entités angolaises.

Actuellement, les entreprises étrangères sont obligées de s’associer à des opérateurs nationaux. «Nationaux ne veut pas dire Angolais. Il s’agit aussi des entreprises étrangères déjà résidentes en Angola», a précisé Maria Luisa Perdigao Abrantes qui s’exprimait le 10 mars 2014 au cours d’une conférence sous-régionale organisée dans la capitale camerounaise, sur le développement des infrastructures en Afrique centrale. Selon le rapport de la BAD sus -mentionné, les principaux partenaires bilatéraux de l’Angola sont actuellement la Chine, pays qui satisfait 16% de ses besoins en pétrole grâce à l’Angola et qui est la destination de 43% des exportations angolaises ; le Brésil, qui a ouvert une ligne de crédit de 10 milliards de dollars en 2010 pour encourager les exportations vers l’Angola et y installer des entreprises ; et l’Inde, qui œuvre davantage dans la formation.

Le gouvernement qui l’a compris entend intervenir en amont de l’agro-industrie en pourvoyant de cette branche industrielle de matières premières. C’est ainsi par exemple, il veut renforcer sa coopération avec le Brésil dans le secteur du café. Luanda a exprimé le désir de voir le Brésil, premier producteur mondial de café, lui prêter une assistance technique et scientifique. Le pays, dont l’agriculture génère 8% du PIB veut tirer profit de l’expertise brésilienne pour le renforcement de ses coopératives ainsi que la formation et le recyclage des acteurs de la filière.

Toute cette effervescence n’a pas échappé aux investisseurs. Avec une classe moyenne naissante qui dépense énormément, de plus en plus d’investisseurs sont intéressés par les implantations de grandes surfaces. On compte une dizaine d’hypermarchés dans la capitale et il y a un programme pour en ouvrir d’autres ces prochaines années. Très présent dans la grande distribution en Afrique du Sud, Massmart Holdings, filiale du géant américain Wallmart, envisage d’ouvrir en 2015 deux magasins en Angola, en conformité avec la stratégie du groupe de bénéficier des opportunités qu’offre le continent en matière de grande distribution. Cette expansion se ferait en deux étapes, avec l’ouverture d’un premier magasin au premier trimestre 2015 et le deuxième qui suivra au cours du troisième trimestre de la même année.

Pourtant, ce pays émergent, qui est le pendant de l’Afrique du Sud dans la partie australe du continent, également le premier bénéficiaire des Investissements directs étrangers en Afrique, veut investir dans le continent, une manière de faire profiter certainement des pays africains de sa manne pétrolière. Son fonds souverain a annoncé, ce 22 avril 2014, qu’il allait entamer ses investissements en Afrique subsaharienne, indiquant qu’il a déjà identifié l’hôtellerie et les infrastructures comme secteurs prioritaires. «Le fonds va investir dans l’hôtellerie en Afrique subsaharienne, y compris dans son pays d’origine», a annoncé Jose Filomeno Dos Santos, le président du Fundo Soberano de Angola qui dispose de 5 milliards de dollars d’actifs sous gestion. « Outre un fonds consacré aux investissements dans l’hôtellerie, nous avons mis en place un fonds dédié aux investissements dans les infrastructures dont les ports, les aéroports et les centrales électriques», a détaillé le fils aîné du président Eduardo Dos Santos dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg.

Dans le domaine de l’hôtellerie, le fonds ciblera les hôtels de trois à cinq étoiles situés dans les capitales d’Afrique subsaharienne pour se positionner sur le segment du tourisme d’affaires. En ce qui concerne les infrastructures, le fonds souverain angolais se concentrera sur des projets financièrement viables pouvant assurer des retours sur investissements situés entre 15 et 17% par an.

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