C’est une mesure sensationnelle que le gouvernement ghanéen vient d’annoncer. A partir du premier trimestre 2023, Accra va recourir au troc en payant les importations de carburants par des lingots d’or. Reste à convaincre les fournisseurs.
L’objectif est de stopper l’affaissement des réserves de change du pays et la chute de la monnaie nationale. Le Ghana envisage de payer ses achats de produits pétroliers raffinés en lingots d’or plutôt qu’en dollar, afin de préserver les réserves de change du pays mises à mal par la flambée des cours pétroliers et l’appréciation du dollar, a annoncé le Vice-président ghanéen, Mahamudu Bawumia, jeudi 24 novembre dont les propos sont rapportés par Ecofin. «Le gouvernement prépare une nouvelle politique dans le cadre de laquelle notre or plutôt que nos réserves en dollar sera utilisé pour acheter des produits pétroliers».
Le numéro deux ghanéen affirme que cette mesure permettra de soutenir la parité du cedi (monnaie nationale) et contenir les pressions inflationnistes. «Le troc de l’or contre les produits pétroliers est l’un des changements de politique économique les plus importants du pays depuis l’indépendance, confie le Vice-président.
Si la mesure est acceptée par le marché, elle devrait impacter substantiellement la balance des paiements et baisser la pression sur le cédi qui a plongé de plus de 40% depuis le début de l’année. Par ailleurs, ce troc or contre produits pétroliers, va contenir la métastase de l’inflation sur le prix et services de base notamment le carburant, l’électricité, l’eau et les transports, entre autres.
Les réserves de change du Ghana s’élevaient à environ 6,6 milliards de dollars à fin septembre 2022, soit l’équivalent de moins de 3 mois d’importations de biens et services. Comparé au niveau de fin 2021 (9,7 milliards de dollars), le matelas de devises du pays a fondu de 3 milliards de dollars. Ce qui a valu au Ghana, une double dégradation de la note de la dette du Trésor par les agences de notation financière.
Le Ghana, qui produit du pétrole brut importe néanmoins, la totalité de ses besoins en produits pétroliers raffinés depuis la fermeture de son unique raffinerie en 2017 suite à l’explosion d’une unité de distillation. L’annonce de ce troc intervient alors que le gouvernement a annoncé des mesures visant à réduire les dépenses publiques et à augmenter les revenus dans le but d’atténuer la crise de la dette qui frappe le pays.


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