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Le sommet à minima d’Alger

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Dans l’histoire des sommets de la Ligue arabe, celui qu’Alger a accueilli ce 1er et 2 novembre2022 ne figurera sans doute pas sur la liste des satisfactions de par les absences de marques qu’il aura enregistrées. Si l’on ne peut parler d’un sommet pour rien, à l’image de ceux, nombreux, que d’autres organisations internationales ou continentales commettent de temps à autre, c’est pourtant comme si.

Le pari de la plus grande participation possible des rois, émirs et chefs d’Etat arabes donnée comme un gage de réussite de ce sommet par les dirigeants algériens n’aura pas été tenu. Si l’émir du Qatar, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le leader palestinien Mahmoud Abbas ont fait le déplacement, tous les autres grands dirigeants, notamment ceux des pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Oman, Émirats), ainsi que le roi de Jordanie, et surtout le souverain marocain Mohamed VI n’ont pas fait le déplacement de ce 31e sommet. Depuis des mois, Alger n’a ménagé aucun effort pour les convaincre tous de se rendre à Alger. Mais si l’on s’en tient au décompte final des présidents et rois qui ont fait le déplacement, la participation aura été largement en dessous des attentes.
La rencontre tant attendue entre le roi du Maroc et le président Tebboune n’aura donc pas eu lieu. Alger devrait avoir pensé, auparavant, à apaiser ses relations avec ses voisins immédiats et savoir qu’un sommet ne peut être consacré uniquement à la discussion de « généralités » non afférentes à ce qui est de nature à consacrer la vraie union des Etats et des peuples. Comme un marché commun arabe qui donnerait plus d’élan à l’intégration économique des pays qui le compose, couvrant l’Arabie (Péninsule arabique), l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, qui sera d’un apport plus précieux à une Ligue arabe, plus orientée vers les questions politiques.
Avec une population de 444,51 millions d’habitants, le « marché arabe » est de même envergure que celui de l’Europe (447 millions), devant celui des USA (331,9 millions) mais loin derrière la Chine (1,41 milliard), l’Inde (1,39 milliard), et l’Afrique (1,2 milliard), qui compte quelques « géants » économiques (Egypte, Maroc, Algérie) à l’aune du continent.
Certaines crises sociales comme le « printemps arabe » auraient dû aider à redéfinir de fond en comble les enjeux régionaux. Depuis 2011, les sommets du « G 22) devaient alors envisager une transformation radicale de la centralité politique sans effet, vers une stratégie d’intégration économique qui aiderait chaque pays, selon ses potentialités et son apport, à tirer profit d’une « Union » arabe reflétant les  mêmes principes et objectifs de l’UE, sans évidemment les considérations historiques, idéologiques – et même religieuses – qui sous-tendent le Traité de Maastricht (7 février 1992).
C’est pourquoi, revenant au Sommet d’Alger, ne faudrait-il pas considérer que l’entente entre les pays arabes doit être le substrat de toute action à venir, pensée dans le cadre de la Ligue arabe ou dans les relations qu’elle devrait envisager, suivant le principe de collégialité dans la prise de décision, pour être, effectivement, un Bloc doté des moyens nécessaires pour discuter des questions du monde, à un moment où !a bipolarité géostratégique entre l’Ouest et l’Est – en quête de renaissance – est soumise à rude épreuve.

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