Ne nous voilons pas la face. La situation est actuellement dramatique et elle va le devenir plus encore dans les semaines qui viennent. La cause principale réside dans les goulots d’étranglement qui ne permettent pas de rendre fluide l’accès aux avions pour les passagers. Et on pourra prendre le sujet par où on veut, on se trouvera toujours devant la responsabilité des aéroports. En fait, ce n’est bien évidemment pas le cas de toutes les plateformes, mais des plus importantes, en clair celles qui hébergent un hub de compagnie aérienne.

Il faut avoir utilisé les services aéroportuaires récemment pour mesurer l’étendue des dégâts. Il n’est pas question ici de nommer telle ou telle installation, le phénomène peut se constater quel que soit le pays. En cause, l’absence d’anticipation des gestionnaires quant à la reprise de l’activité. Echaudés par la triste expérience de 2020 où après un été en sérieuse reprise, le trafic s’est à nouveau effondré à l’automne, les décisionnaires se sont montrés plus que frileux devant les anticipations de reprise qui étaient pourtant largement prévisibles. En fait le trafic est reparti d’une manière fulgurante, comme si on avait ouvert le couvercle d’une cocotte-minute dans laquelle on avait fait bouillir les impatiences des passagers.
Le problème est que pour faire fonctionner correctement un aéroport il est indispensable de rendre fluide le cheminement des passagers dans un espace forcément réduit et où les obstacles sont nombreux à franchir. Dans le désordre l’accès aux parkings, puis aux terminaux puis aux filtres de sûreté primaires lorsqu’ils existent, puis aux comptoirs d’enregistrement, puis aux postes d’inspection filtrage, puis aux postes de douane et de contrôle des passeports, puis enfin aux embarquements, toutes ces barrières constituent des goulots d’étranglement potentiels. La seule manière de les éviter consiste à mettre suffisamment d’effectifs à chacun d’entre eux, à la condition que les installations soient adaptées.
Dans l’ensemble les aéroports sont équipés pour traiter les pics de trafic, à la condition que toutes les installations soient opérationnelles. Ce n’est pas toujours le cas et nombre d’aéroports n’ont pas encore ouvert toutes leurs capacités, d’ailleurs pour une bonne raison, ils ne disposent pas du personnel nécessaire pour garnir tous les postes de travail. L’affaire est d’ailleurs compliquée par le fait que les autorités sont différentes selon les fonctions entre les forces de police, les effectifs des sous-traitants, les salariés des compagnies et les employés des aéroports. Et la coordination entre elles n’est pas toujours aisée, chacun défendant ses prérogatives et ses propres conditions de travail.
Mais enfin il faut bien reconnaître une absence d’anticipation de la part des décideurs aéroportuaires. Il était fort probable que le trafic aérien allait repartir très fortement à partir du moment où les populations étant en grande majorité vaccinées, les frontières allaient s’ouvrir et les contraintes sanitaires allaient tomber. Or pendant la pandémie nombre de salariés, souvent spécialisés ont été amenés à quitter leur emploi volontairement ou non. Les remplacer n’était surement pas une mince affaire, d’autant plus que les conditions d’emploi et les salaires ne sont pas particulièrement attractifs. Il est donc curieux que les recrutements n’aient pas démarré dès la fin de 2021, car la formation dans beaucoup de postes de travail est plutôt longue et que les agréments administratifs sont souvent nécessaires et difficiles à obtenir. Après tout un aéroport est un endroit particulièrement sensible.
La conséquence est la quasi impossibilité de traité de manière normale les passagers qui attendent avec une impatience qui peut bien se comprendre le moment bénit où leur vol va décoller, avec eux à bord bien entendu. Au lieu de cela, on leur propose actuellement plusieurs heures de stress, alors que beaucoup ont déjà l’appréhension de voler, dans des conditions de confort tout simplement inadmissibles. Or nous ne sommes qu’au début de la saison d’été et les pics de trafic sont loin d’être atteints. La question qu’ont peut alors se poser est la suivante : est-ce que l’expérience du transport aérien actuelle ne va pas décourager les clients de voyager. Supporteront-ils de renouveler cette expérience ? Et puis après le vol aller il y a le retour souvent à partir d’un pays étranger où ni les langues, ni les habitudes ni les cultures leur sont familières ?
On a la fâcheuse impression que les aéroports sont débordés et qu’ils sont impuissants à traiter la masse des clients qui se présentent. On souhaiterait beaucoup être démentis.

![Éclairage | Transactions numériques : le mobile money génère plus de recettes qu’il n’en coûte à condition de ne pas le taxer [Par Yannick Djanhoun] En Ouganda, tout s’est joué en un exercice budgétaire. Une taxe journalière sur les réseaux sociaux et les transactions numériques est instaurée. Le résultat, documenté par le Rapport économique sur l’Afrique 2026 de la CEA, est immédiat : plus de 2,5 millions d’abonnés Internet perdus et une chute de 25 % des transactions mobile money en quelques mois. Les utilisateurs n’ont pas disparu. Ils sont simplement retournés au cash.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Tn-320x160.jpg)






![Tribune | De Suez à Ormuz (1956–2026) : Détroits au cœur de la recomposition géostratégique mondiale [Par le Prof El Hassane Hzaine] Les événements actuels dans le Golfe nous rappellent la crise de Suez de 1956, suite à la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Jamal Abdel Nasser ; cette comparaison est pertinente à plusieurs niveaux, au-delà des simples similitudes opérationnelles et des enjeux géoéconomiques du canal de Suez et du détroit d'Ormuz, des passages stratégiques pour les flottes et le commerce international.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/03/Detroit-dOrmuz--450x253.jpg)
![Tribune | Francophonie, mémoire et puissance : un espace à réinventer [Par Benoist Mallet Di Bento] Le français, paradoxalement, est devenu une langue africaine. Évolutive, créative, vivante, elle s’adapte aux diversités linguistiques locales et permet aux acteurs africains de définir leurs usages et imaginaires. L’enjeu n’est donc pas la langue elle-même, mais le cadre institutionnel qui l’entoure. I’m just trying](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/03/Franco--450x234.jpg)

