Les marchés francophones sur le continent constituent un incontestable vecteur de croissance pour le groupe télécoms Airtel Africa, société cotée à la Bourse de Londres et de Lagos. Au cours des neufs premiers mois de l’exercice comptable (du 1er avril et le 31 décembre 2023), le Tchad, la République démocratique du Congo, le Gabon, Madagascar, le Niger, le Congo et les Seychelles ont généré une marge d’exploitation de 203 millions de dollars, marquant une hausse de 8,5%.
Cette performance surpasse celle des marchés d’Afrique de l’Est, qui enregistrent une petite croissance de 1,2%, et celle du Nigeria qui voit ses marges chuter de 22,8%. Airtel Africa attribue le décrochage des revenus au Nigeria à la dégringolade du naira qui a perdu 64,7% de sa valeur entre avril et décembre 2023.
En Afrique de l’Est, Airtel Africa subit de plein fouet la forte dépréciation de devises de pays de la sous-région. Malgré une croissance nominale de 8,5% du chiffres d’affaires, la croissance réelle ajustée au taux de change et de l‘inflation aurait ainsi baissé de 21,2%, en raison de la forte dévaluation des monnaies locales telles que le kwacha zambien et le shilling kényan.
Pour autant, le Nigeria et les marchés de l’Afrique de l’Est demeurent des piliers de l’activité pour Airtel Africa dont le portefeuille clients bondit à 151 millions d’utilisateurs, dont 62,7 millions de l’Internet et 37,5 millions pour les services de monnaie électronique. Cependant, l’opérateur télécoms a enregistré un écart significatif de 50 millions de dollars entre les prévisions de revenus des analystes et les résultats annoncés aux marchés (ndlr : en Bourse), qui se sont révélés moins robustes que prévu.
Le noyau dur du tour de table du groupe Airtel Africa comprend le fonds d’investissement Warburg Pincus, Qatar Holdings, et Singapore Telecommunications. Malgré une valorisation boursière de 5,04 milliards de dollars qui suggère une sous-évaluation, selon certains analystes des marchés, Airtel Africa prévoit un programme de rachat d’actions de 100 millions de dollars en mars 2024. Ce qui représente 2% de sa valeur boursière. Cette opération bénéficiera principalement aux investisseurs institutionnels, vu le faible nombre de petits porteurs.








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