Pour les professionnels des médias sur le continent, la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce vendredi 03 mai, a un goût amer. C’est plutôt un jour de deuil. La répression contre la presse se multiplie un peu partout, les pouvoirs en place acceptant de moins en moins des opinions autres que celles diffusées par leurs appareils de propagande. Voici ce que dit le rapport 2024 de Reporters Sans Frontières.
En Afrique subsaharienne, les rendez-vous électoraux ont charrié beaucoup de violences contre les journalistes et les médias de la part des acteurs politiques et de leurs soutiens. Cela a été le cas au Nigeria (112e au classement 2024 de RSF), où près d’une vingtaine de reporters ont été attaqués, à Madagascar où une dizaine de journalistes ont été pris à partie par les forces de sécurité durant les campagnes électorales.
Lors des séquences électorales, les acteurs politiques tentent également d’utiliser les médias comme instruments d’influence et de pouvoir. Une méthode observée au Sénégal (94e), en RDC et au Nigéria, où des personnalités politiques ont parfois même créé leurs propres médias.
Au Togo (113e), dans un contexte d’élections législatives, les décisions arbitraires ou disproportionnées de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), envers les professionnels de l’information sont fréquentes. Au cours de périodes précédant les élections au Zimbabwe (116e) et au Gabon (56e), malgré une hausse globale au Classement, le pouvoir politique a renforcé son contrôle de l’information : suspension abusive d’Internet, expulsion ou interruption des médias étrangers.
Mais de toutes les régions, c’est au Sahel où la liberté de la presse s’est les plus dégradée au point de faire du journalisme le «métier le plus dangereux au monde.» Les pouvoirs militaires en place au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ne tolèrent aucune autre voix en dehors de l’«opinion patriotique.» Les autorités de régulation des médias, dites Hautes Autorités de l’Audiovisuel et de la Communication, se sont transformées en organes de censure.
La seule embellie vient de la Tanzanie
L’accès à l’information se restreint toujours davantage. Au Burkina Faso, plusieurs médias internationaux ont été suspendus pour avoir relayé un rapport de Human Right Watch faisant état d’exactions de l’armée envers des populations civiles soupçonnées de collaborer avec des groupes djihadistes. BBC Afrique, France24, RFI et TV5 Monde, Jeune Afrique, Deutsche Welle en ont fait les frais. Chez le voisin nigérien, le coup d’Etat de juillet 2023, suivi de l’adoption par la junte de mesures liberticides, a fait chuter le pays (80e) de 19 places. La situation n’est guère reluisante au Burkina Faso (86e) avec une perte de 28 places, ainsi qu’au Mali (114e). C’est un pays africain qui ferme le Classement 2024 : l’Erythrée (180e), devenue au fil des ans un désert de l’information.
Dans une Afrique subsaharienne où le droit à l’information et la liberté d’informer sont de plus en plus mis à rude épreuve, l’embellie vient de la Tanzanie (97e), avec un bond de 46 places, laissant entrevoir des signes d’espoir quant à la liberté de la presse dans un pays où la présidente desserre petit à petit l’étau sur les médias.


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