Le «Washington» Post a licencié mercredi des centaines de journalistes, une décision qui survient sur fond de rapprochement du fondateur d’Amazon avec le président américain Donald Trump, qui multiplie les attaques contre la presse traditionnelle depuis son retour au pouvoir. Derrière ce délitement programmé du Washington Post, Trump et ses conseillers extrémistes, Stephen Miller…, ne sont pas loin
«La démocratie meurt dans l’obscurité. Et vous, Jeff Bezos, avez éteint la lumière»
Des centaines de personnes ont manifesté jeudi devant les bureaux du Washington Post contre la décision du quotidien de la capitale américaine, en difficulté financière, de se séparer d’une grande partie de sa rédaction.
«La démocratie meurt dans l’obscurité. Et vous, Jeff Bezos, avez éteint la lumière,» pouvait-on lire sur une pancarte, en référence au slogan du journal et à son propriétaire multimilliardaire. Le Washington Post a licencié mercredi des centaines de journalistes, une décision qui survient sur fond de rapprochement du fondateur d’Amazon avec le président américain Donald Trump, qui multiplie les attaques contre la presse traditionnelle depuis son retour au pouvoir.
«A un moment où on assiste à des attaques sans précédent contre la presse, ainsi qu’à un sentiment négatif envers les journalistes simplement parce qu’ils font leur travail, il est dangereux de réduire les effectifs de cette façon,» estime auprès de l’AFP Michael Brice-Saddler, qui couvrait la capitale américaine pour le journal avant d’être licencié. «Ces coupes ne sont pas la faute de nos équipes, et pourtant ce sont elles qui en paient le prix fort. Elles perdent des moyens, elles perdent la capacité de raconter des histoires qui comptent pour Washington,» a-t-il ajouté.
Des services potentiellement totalement supprimés
Le Washington Post n’a pas révélé le nombre de postes supprimés, mais environ 300 journalistes sur 800 seraient concernés, selon le New York Times. Une grande partie des correspondants à l’étranger, y compris au Moyen-Orient et en Ukraine, ont été remerciés. Les services des sports, des livres, du podcast, des pages locales ou de l’infographie sont aussi particulièrement touchés voire presque intégralement supprimés.
«Je ne nie pas que le Post traverse une situation financière difficile, je sais que c’est une période très dure pour l’ensemble de l’industrie des médias,» reconnaît Sarah Kaplan, qui fait partie de ceux dont le poste a été préservé. «Mais le fait que nous perdions autant d’argent est en grande partie dû à une très mauvaise gestion de la part de nos dirigeants,» juge cette journaliste spécialisée dans le climat.
Plusieurs coups dans l’aile
Selon le Wall Street Journal, le journal aurait perdu environ 100 millions de dollars en 2024, dans un contexte de baisse des revenus publicitaires et des abonnements. Le refus du quotidien, traditionnellement classé à gauche, de soutenir la démocrate Kamala Harris lors de la dernière présidentielle avait notamment entraîné le départ d’environ 250.000 abonnés numériques, d’après la même source. Beaucoup y avaient vu la main de Jeff Bezos, qui s’était affiché il y a un an au premier rang de la cérémonie d’investiture de Donald Trump.
Avec AFP











