Au moment où l’Italie s’engage en Afrique pour s’approvisionner en minéraux et hydrocarbures, des ténors du gouvernement ultraconservateur défendent son passé colonial, pourtant sanglant, au prix de petits arrangements avec l’Histoire et loin du travail de mémoire souhaité par une partie de la société.
Alors que selon les historiens l’épopée coloniale de l’Italie sur le continent africain a fait des centaines de milliers de morts civils, le numéro deux de la diplomatie de la péninsule affirmait cet été qu’elle n’y avait mené qu’une mission civilisatrice, apportant ses valeurs sans verser de sang ni s’approprier les richesses des peuples soumis.
« Que ce soit avant ou pendant le fascisme, le gouvernement a construit et bâti une culture civilisatrice » dans ses colonies, a plaidé Edmondo Cirielli, également député du parti post-fasciste Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni, reprenant la thèse des « bons colonisateurs » populaire à l’extrême droite.
Les victimes du colonialisme italien en Libye, Ethiopie, Erythrée et en Somalie.
« Notre culture antique fait que nous ne sommes pas un peuple de pirates qui vont piller le monde », selon lui.
Une thèse également reprise par Mme Meloni, qui a multiplié les voyages en Afrique pour diversifier les sources d’approvisionnement en énergie après l’invasion russe en Ukraine.
Ces déclarations font bondir les historiens et la gauche, qui estiment que l’Italie n’a toujours pas fait son examen de conscience collectif.
Afin d’encourager ce processus d’introspection, des députés de l’opposition viennent de présenter une proposition de loi instituant une « Journée de la mémoire pour les victimes du colonialisme italien » aux XIXème et XXème siècles en Libye, Ethiopie, Erythrée et dans la région devenue depuis la Somalie.
La date suggérée est le 19 février, qui marque le début du massacre de la population civile éthiopienne par les troupes italiennes à Addis-Abeba en 1937 (environ 20.000 morts).
Avec AFP





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