Le gouvernement malien a initié une réforme majeure dans le secteur stratégique des mines. Par un arrêté cinglant daté du 13 octobre 2025, le ministère des Mines a officialisé l’annulation d’une centaine d’autorisations d’exploitation.
Cette action radicale vise à rétablir la transparence et la rigueur dans l’attribution des titres miniers, un domaine souvent entaché par des soupçons d’irrégularités.
Cette décision, qualifiée par les autorités de démarche de «redressement et de transparence,» intervient pour répondre aux critiques récurrentes concernant le manque de clarté dans l’octroi des permis de recherche et d’exploitation minière. L’objectif est d’instaurer un nouveau cadre, plus exigeant et dénué de toute ambiguïté, pour le développement des ressources naturelles du pays.
Au total, 121 permis de recherche sont concernés par cette vague de révocations. La mesure touche des autorisations couvrant une large gamme de ressources précieuses et stratégiques, incluant l’or, le diamant, mais aussi le manganèse, le fer, l’uranium et les terres rares.
Non conformité et Code minier 2023
Le ministère en charge des mines justifie ces révocations par des manquements graves aux engagements pris par les sociétés exploitantes. Les constats de non-conformité portent notamment sur le non-respect des obligations légales et contractuelles, que ce soit en matière de volumes d’investissement, de délais d’exécution des travaux ou de conformité administrative générale.
Cette opération d’assainissement s’appuie directement sur le nouveau Code minier de 2023. Ce cadre législatif révisé confère à l’État une capacité de contrôle accrue et lui garantit une part plus significative dans les bénéfices générés par l’exploitation, en particulier dans les mines d’or, qui sont cruciales pour l’économie nationale.
L’impact immédiat sur les zones et sociétés
L’un des effets majeurs de cette annulation est la libération immédiate des superficies concernées. Les secteurs sur lesquels ces permis révoqués portaient sont désormais dégagés de tout droit antérieur, ouvrant la voie à de nouvelles procédures d’attribution potentiellement plus compétitives et transparentes.
Les zones géographiques visées par la mesure sont vastes et stratégiques, s’étendant sur les régions de Kayes, Kéniéba, Bougouni, Kati, Ansongo et Kidal. Parmi les entreprises dont les titres ont été retirés figurent Africa Mining SARL, ALBAB MINING, Prodigy Resources Ltd., Wafi Mining SARL, ainsi que de nombreuses autres entités dont les dossiers n’étaient plus jugés conformes aux standards requis par les nouvelles orientations gouvernementales.
Cette restructuration marque la volonté ferme du Mali de reprendre la main sur son secteur minier, assurant ainsi une meilleure gouvernance et une optimisation des retombées économiques pour le pays.





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