132 civils ont été tués dans le centre du Mali lors d’attaques attribuées à des terroristes de la Katiba Macina du prédicateur peul Amadou Kouffa à Al-Qaïda, selon un bilan provisoire qui pourrait malheureusement augmenter dans les prochains jours.
C’est l’un des pires massacres qu’ait connu le pays. Ces massacres méthodiques d’hommes adultes ont été perpétrés samedi après-midi à Diallassagou et dans deux localités environnantes du cercle de Bankass au centre du pays.
Le retour de la sécurité semble encore lointain
Sorti lundi 20 juin après-midi du silence alors que les informations alarmantes déferlaient depuis le week-end sur les réseaux sociaux, le gouvernement date les événements de la nuit de samedi à dimanche dernier. D’autres les font remonter à vendredi. Le chef de la junte au pouvoir, le colonel Assimi Goïta, a décrété trois jours de deuil national. Mais il est désormais sous pression car la promesse du «retour de la sécurité partout au Mali» semble encore loin d’être réalisée.
Différents interlocuteurs indiquent qu’on continue à compter les morts sur place. Nouhoum Togo, président d’un parti ayant son assise à Bankass, principale localité du secteur dont les propos sont rapportés par l’AFP, parle d’un nombre de victimes encore plus élevé. La zone a été le théâtre il y a deux semaines d’opérations de l’armée qui avaient donné lieu à des accrochages avec les jihadistes. Ces derniers seraient revenus à plusieurs dizaines à motos pour se venger contre les populations.
Des tueries que rien ne peut justifier
Depuis l’apparition en 2015 de la Katiba Macina dans le centre du Mali, la région est livrée aux exactions jihadistes, aux agissements des milices proclamées d’autodéfense et aux représailles intercommunautaires. Une grande partie de la zone échappe au contrôle de l’Etat central.
Les civils sont soumis aux représailles de jihadistes qui les accusent de pactiser avec l’ennemi. Dans certaines zones, de plus en plus étendues dans le centre, passées sous l’emprise des jihadistes, ces derniers appliquent avec vigueur la loi islamique selon leur version.


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