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Maroc : Les Atlantic Dialogues en débat sur une «convalescence difficile» après la pandémie

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Quatre panels ont traité du 29 au 3 décembre de «L’administration Biden : reconstruire des chemins vers l’Atlantique élargi», de «L’avenir de l’Europe dans une arène géopolitique post-Covid», du «Développement post-Covid» et du «Signal d’alarme : combler les fossés en Amérique du Sud».

Le Policy Center for the New South poursuit la 10e édition de sa conférence internationale de haut niveau Atlantic Dialogues, sur le thème de « l’Atlantique élargi en récupération difficile » de la crise Covid. Commencées le 1er novembre, les 20 sessions sont déclinées jusqu’au 20 décembre sous forme de wébinaires, accessibles en ligne sur les pages Facebook, YouTube et Atlantic Dialogues du Policy Center. Dans la semaine du 29 novembre au 3 décembre, quatre panels ont traité de thématiques liées à l’Atlantique « élargi ».

L’administration Biden : reconstruire des chemins vers l’Atlantique élargi

Modéré par Mohammed Loulichki, Senior Fellow du Policy Center for the New South, ce panel a traité du retour des États-Unis sur la scène multilatérale et du renouvellement de la relation transatlantique, mise à mal sous l’ère Trump. Fernanda Magnotta (Brésil), Senior Fellow du Centre brésilien de relations internationales (CEBRI), a estimé que les considérations de politique intérieure aux États-Unis l’emportent sur les enjeux de politique extérieure, en raison du nécessaire contrôle de la pandémie, de l’inflation et de la dette publique. « L’Europe a peut-être exagéré ses attentes sur ce que peut faire l’administration Biden », a estimé cette spécialiste de politique américaine.

Ian Lesser (USA), vice-président du German Marshall Fund (GMG), a rappelé que « beaucoup de dégâts ont été faits. Des tensions qui existaient déjà sous l’administration Bush ont empiré avec Donald Trump. L’érosion de la confiance au niveau du public comme des dirigeants à travers l’Atlantique nécessite beaucoup de réparation, et Joe Biden fait de son mieux de ce point de vue ». De con côté, Bruno Tertrais (France), directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), souligne que les « deux narratifs français et allemand sur la relation transatlantique sont faux. Le narratif français veut que les Etats-Unis abandonnent l’Europe, peu importe leur président, et le narratif allemand veut que tout redevienne comme avant, et ce n’est pas non plus correct car les États-Unis se tournent vers l’Asie et tiennent le Japon pour leur allié principal ».  

L’avenir de l’Europe dans l’arène géopolitique post-Covid

Le contexte, brossé à grands traits par le modérateur Ivan Martin (Espagne), Senior Fellow du Policy Center, est celui d’une Europe qui se cherche une présence globale à travers le Stratetic Compass, un embryon de force armée européenne de 5 000 soldats à déployer dans les situations de crise. « La question pour l’Euorpe est moins d’être un acteur géopolitique que géo-économique », a tempéré Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

Alessandro Minuto-Rizzo (Italie), président du NATO Defense College Foundation, pense aussi que l’aspect critique est celui de la sécurité, qui s’est précisé sur le tard (1992) au moment de la guerre du Kosovo pour rassembler des capacités logistiques et militaires. « Aujourd’hui, l’Europe a les outils pour devenir géopolitique, mais elle manque de volonté politique, de dessein et d’objectifs. Elle n’est pas en train de quitter sur le plan politique la région du Levant, mais aussi l’Afrique du Nord ».

Le développement post-Covid

Ce panel s’est penché sur la pandémie comme « tournant », offrant de nouvelles perspectives, mais pénalisant aussi les économies avec des impacts profonds et récurrents. Selon Pedro da Motta Veiga (Brésil), directeur du Centre pour l’intégration et les études de développement (CINDES), « la nouvelle conceptualisation des modèles de croissance dans les pays développés et la Chine est poussée par des facteurs qui étaient présents bien avant la pandémie. La méta-politique du Green Deal en Europe a été renforcée par la pandémie ».

Jean-Louis Sarbib, PDG du Centennial Group International, a au contraire estimé que la pandémie est « un tournant majeur comparable à l’impact de la Seconde Guerre mondiale. Elle a servi de révélateur sur les forces et faiblesses de la mondialisation. Nous ne sommes pas dans une phase post-Covid, mais toujours en plein Covid ». Il s’est inquiété du fossé croissant entre pays développés et pays du Sud qui auront du mal en matière de « rattrapage », et de la nécessité d’une plus grande coopération internationale au moment où le système multilatéral est « bloqué par le conflit entre les États-Unis et la Chine ».  

« Signal d’alarme : combler les fossés en Amérique du Sud »

Ce panel est revenu sur l’actualité politique en Amérique du Sud, marquée par nombre de processus électoraux. Le modérateur, le journaliste brésilien Lourival Sant’Anna, a souligné « le glissement vers la droite, après une vague de gauche » à travers la région. Laura Albornoz, ancienne ministre chilienne de la Femme, a témoigné d’une « forte polarisation avec un candidat d’extrême-droite face à un jeune politicien de 35 ans issu du mouvement étudiant et allié du Parti communiste. La fragmentation du jeu politique vient des faiblesses des structures démocratiques : comment faire écho aux déficits et aux inégalités, mais aussi aux nouvelles exigences des citoyens ? ».

Du côté du Mexique, Jorge Castaneda, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, écrivain et professeur, a expliqué que les « dépenses de santé ont été réduites durant la pandémie, mais les dépenses sociales ont augmenté avec des enveloppes allant directement à des sections de la population. Le président Lopez Obrador évoque la « 4e grande transformation » du Mexique, mais ses résultats sont négatifs en termes de croissance et restent à prouver en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités ».

En Argentine, a poursuivi Juan Battamele, directeur du Conseil argentin pour les relations internationales (CARI), « près de 50 % de la population cherche une proposition de centre ou de droite, mais aspire aussi à la transparence et à savoir qui est responsable pour la hausse de la pauvreté, passée de 4 % en 1983 à 43 % aujourd’hui ». Les perspectives restant incertaines, Jason Marczak, directeur senior de l’Adrienne Arsht Latin American Center de l’Atlantic Council (USA), s’est dit « préoccupé par l’impact de la nouvelle vague de Covid-19 sur les niveaux de croissances et sur les polarisations actuelles ».

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