L’Afrique confirme encore une fois son statut de continent-paradoxe, mais aussi celui d’épicentre de nombreux conflits et de tensions géopolitiques. Selon le rapport publié lundi 28 avril par l’Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm (Sipri), les dépenses militaires cumulées des pays africains se sont élevées à 52,10 milliards de dollars en 2024, marquant une hausse de 3% par rapport à l’année précédente
Cette course à l’armement est surtout portée par l’Afrique du Nord qui aura décaissé la bagatelle de 30,2 milliards de dollars pour les achats d’armes, soit une augmentation de 8,8%. Et encore, les «vrais» chiffres ne sont jamais communiqués par les Etats, et ils sont sans doute bien supérieurs au montant officiel.
A eux deux, l’Algérie et le Maroc émettent 90% des dépenses militaires de la sous-région, selon le rapport de l’Institut International de Recherche et de la Paix de Stockholm. Les militaires qui tiennent le pouvoir à Alger, consacrent chaque année des milliards de dollars à l’achat d’armes au motif fallacieux de «faire face aux menaces du Maroc.» En réalité, les généraux algériens alimentent artificiellement la tension avec le voisin marocain afin de capter des commissions occultes que rapportent les transactions sur l’acquisition d’équipements et d’armes. Grâce à l’embellie de revenus des hydrocarbures, l’Algérie a augmenté ses dépenses militaires de 12% en 2024, pour atteindre 21,8 milliards de dollars, soit près de 4 fois les dépenses du Maroc (5,5 milliards de dollars).
En Afrique subsaharienne, les dépenses militaires se sont établies à 21,9 milliards de dollars en 2024, en retrait de 3,2%. Un repli dû à la baisse des dépenses de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de l’Ethiopie, trois poids lourds de la sous-région. En revanche et sans surprise, les ressources budgétaires consacrées à l’acquisition d’armes sont en forte hausse dans les trois pays du Sahel -Mali, Burkina Faso et Niger- confrontés au terrorisme. Ces pays ont officiellement dépensé 2,4 milliards de dollars en 2024 pour acheter des armes. Plus globalement, «l’effort de guerre» ne faiblit pas depuis plusieurs années. Ainsi, les dépenses militaires du Mali ont augmenté de 38% entre 2020 et 2024, celles du Burkina Faso de 108% entre 2021 et 2024, et celles du Niger de 56% entre 2022 et 2024. Au niveau mondial, Les trois pays qui affichent le ratio dépenses militaires/PIB le plus élevé au monde sont l’Ukraine (34%), et cela s’explique par la résistance à l’invasion de la Russie, Israël (8,8%) et l’Algérie (8%).





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