Plusieurs anciens cadres du groupe suisse Glencore, très présent dans plusieurs pays africains, comparaissent actuellement devant la Crown Court Southwark à Londres. Il s’agit de Martin Wakefield, David Perez, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga. Tous ont plaidé non coupable face aux accusations portées par le gendarme britannique de la lutte contre la corruption et la fraude (Serious Fraud Office).
Ces responsables auraient participé entre 2007 et 2014, à un réseau de corruption de fonctionnaires au Nigeria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, entre autres. Le groupe avait déjà été mis en cause pour les raisons similaires en RD-Congo.
Les chefs d’accusation varient. Martin Wakefield est poursuivi pour trois affaires distinctes de corruption impliquant des versements présumés à des responsables publics au Nigeria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. David Perez est accusé de deux affaires similaires liées aux opérations de Glencore au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Paul Hopkirk et Ramon Labiaga sont, eux, poursuivis pour un seul chef d’accusation chacun, concernant le Nigeria. En outre, Wakefield et Perez sont par ailleurs mis en cause pour falsification de documents commerciaux, notamment de factures destinées à justifier de faux frais professionnels.
Deux autres anciens cadres du groupe helvétique, Alexander Beard et Andrew Gibson, déjà inculpés pour des faits similaires, vont devoir également passer à la barre.
Cette affaire de corruption avait été révélée par les enquêtes menées à Londres et à Washington. En mai 2022, Glencore et ses filiales avaient reconnu avoir versé 79,6 millions de dollars à des intermédiaires pour obtenir ou conserver des contrats pétroliers au Nigeria, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en Guinée équatoriale. Les enquêtes avaient dévoilé une technique de dissimulation fondée sur de faux contrats de conseil, des surfacturations et des sociétés-écrans servant à camoufler le bakchich.
La corruption dans l’ADN de Glencore ?
La multinationale suisse avait conclu un accord de 1,1 milliard de dollars avec les autorités américaines afin de solder un dossier de dix ans de corruption de fonctionnaires dans sept pays africains.
Le management des filiales de Glencore en Afrique de l’Ouest a reconnu que la corruption faisait partie de la «culture maison.» Le deuxième procès attendu en 2027 ouvrira un nouveau chapitre de cette affaire. Après la condamnation du groupe il y a trois ans, la justice britannique s’attache désormais à identifier les personnes susceptibles d’avoir directement participé aux opérations de corruption révélées.





Royaume Uni


![Édito | La corruption une maladie du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] J’ai relevé quelques exemples parmi les faits jugés et publiés, qui d’ailleurs ne correspondent qu’à une toute petite minorité des délits de corruption dont la plupart resteront impunis. Voilà le cas de l’ancien président de Sri Lankan Airlines, Kapila Chandrasena, condamné à la prison pour avoir sollicité de la part du constructeur 16 millions de dollars en échange de l’achat de 6 A330 et de 4 A350 dont la valeur totale est de 2,5 milliards de dollars. Il n’a finalement reçu que 1,45 millions de dollars et il s’est fait pincer.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Avion-450x232.jpg.webp)


