Sauf coup de tonnerre de dernière minute, le Royaume-Uni devrait conclure ce jeudi 22 mai, l’accord avec l’île Maurice sur l’avenir des îles Chagos, après qu’un juge de la Haute Cour de Londres a annulé une ultime injonction qui avait bloqué la signature de ce traité de haute importance géostratégique pour Londres et Washington. Les îles Chagos abritent en effet la base aérienne de Diego-Garcia où sont stationnés des bombardiers stratégiques de l’armée de l’air américaine et de la Royal Air Force
Les avocats représentant un citoyen britannique né dans les îles Chagos ont obtenu une injonction provisoire tôt dans la matinée de jeudi 22 mai, reportant la conclusion officielle d’un traité visant à garantir l’avenir de cette base aérienne américano-britannique. Mais quelques heures plus tard, le juge Martin Chamberlain a levé l’injonction, ouvrant ainsi la voie à la Grande-Bretagne pour signer l’accord visant à céder la souveraineté des îles Chagos à l’île Maurice.
Cette injonction est la dernière action en justice intentée au cours des deux dernières décennies par des membres de la diaspora chagossienne, dont beaucoup se sont retrouvés en Grande-Bretagne après avoir été expulsés de force de l’archipel de l’océan Indien il y a plus de 50 ans. Ils ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas approuver un accord sur lequel ils n’avaient pas été consultés.
L’accord, dont les détails ont été annoncés pour la première fois en octobre 2024, permettrait à la Grande-Bretagne de conserver le contrôle de la base aérienne de Diego Garcia, la plus grande île de l’archipel dans l’océan Indien, dans le cadre d’un bail de 99 ans. James Eadie, l’avocat du gouvernement britannique, cité par l’agence Reuters, a prévenu que «tout retard serait préjudiciable aux intérêts du Royaume-Uni et qu’il mettait en péril nos relations internationales… (y compris avec) notre partenaire le plus important en matière de sécurité et de renseignement, les Etats-Unis.»
En 1965, la Grande-Bretagne avait détaché les îles Chagos de l’île Maurice – une ancienne colonie devenue indépendante trois ans plus tard – pour créer le territoire britannique de l’océan Indien.
Un porte-parole du Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que «l’accord était la bonne façon de protéger la base militaire commune de Diego Garcia.»
Les opposants politiques de Starmer ont été très critiques à l’égard de l’accord, affirmant qu’il était à la fois coûteux et portait atteinte à la sécurité nationale de la Grande-Bretagne. «L’accord de reddition des Chagos du Parti travailliste est mauvais pour nos intérêts de défense et de sécurité, mauvais pour les contribuables britanniques et mauvais pour les Chagossiens britanniques,» a martelé Priti Patel, porte-parole du Parti conservateur pour les affaires étrangères», sur son compte X.
Le volet financier de l’accord comprend 3 milliards de livres sterling à verser par la Grande-Bretagne à l’île Maurice sur la durée de l’accord, soit 99 ans, avec une option de prolongation de 50 ans et le maintien par la Grande-Bretagne du droit de premier refus par la suite.
Les capacités de la base de Diego Garcia sont vastes et stratégiquement cruciales. Parmi les opérations récentes lancées depuis cette base, figurent des bombardements contre des cibles houthies au Yémen ou encore, des déploiements de l’aide humanitaire à Gaza. Le président Donald Trump a apporté son soutien à l’accord en février dernier après sa rencontre avec le Premier ministre britannique Starmer à Washington.




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