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Mauritanie-UE : (Des)accords de pêche

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  • Les accords de pêche entre l’Union européenne (UE) et la Mauritanie ne passent pas si facilement, comme en 2012, où les deux parties ont dû batailler ferme pour arriver à un compromis
Cheikh Ould Baya, négociateur mauritanien en chef de l’accord de pêche avec l’UE

Cheikh Ould Baya, négociateur mauritanien en chef de l’accord de pêche avec l’UE

Alors que l’accord qui devait prendre fin le 31 juillet dernier a eu du mal à être reconduit, Mauritaniens et Européens se sont accordés sur la prolongation jusqu’en décembre. Un arrangement à l’amiable qui ouvre la voie à la reprise des négociations. Cet accord offre la possibilité aux navires de l’UE de pouvoir continuer la pêche à la crevette et aux espèces de surface ouverte jusqu’au 15 décembre.

En revanche, les bateaux européens ont cessé provisoirement la pêche au thon, au merlu et à d’autres espèces vivant près du fond de l’océan à partir de l’arrivée à terme de l’accord de deux ans signé en 2012, avait indiqué Cheikh Ould Baya, le représentant mauritanien à ces discussions qui ont eu lieu les 28 et 29 juillet à Nouakchott, faisant état d’une divergence portant sur la date d’expiration de l’accord.

« Nous sommes parvenus à un arrangement à l’amiable suivant nos interprétations de la fin du protocole d’accord de deux ans qui, pour nous, expire le 31 juillet, anniversaire de sa signature, et qui, pour les Européens, prend fin le 15 décembre, anniversaire de son adoption par les instances de l’UE », a-t-il expliqué.

À Bruxelles, la Commission européenne a annoncé la prolongation de l’accord jusqu’au 15 décembre pour la pêche à la crevette et la pêche pélagique (espèces de surface).

L’accord concerne 69 navires de onze Etats membres : France, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Allemagne, Lituanie, Lettonie, Royaume-Uni et Irlande.

La flotte européenne dispose de trois zones de pêche entre le Cap Timiris (près de Nouakchott) et une zone proche de la frontière sénégalaise (Sud). Elle est autorisée à s’approcher de certaines zones de pêche jusqu’à 10 miles de côtes, ce qui permet la capture de crevettes, moyennant le versement par Bruxelles d’une redevance de 400 euros par tonne prise.

L’accord négocié fin juillet ouvre la voie à une reprise de négociations plus apaisées entre les deux parties, qui se retrouveront à Bruxelles « dans les meilleurs délais », a précisé Ould Baya. Selon des données officielles mauritaniennes, le secteur de la pêche représente plus de 20% des recettes budgétaires et emploie plus de 36.000 personnes dans le pays.

 Investissement d’un groupe marocain

 Le secteur de la pêche reste par ailleurs la valeur sûre de la vitrine-marketing de la Mauritanie auprès des investisseurs. En mai dernier, le groupe agroalimentaire marocain Unimer, spécialiste des produits de la mer, a en effet annoncé un investissement de 28 millions de dollars pour la construction d’un complexe industriel dans la zone franche de Nouadhibou, en Mauritanie.

La prorogation de l’accord de pêche, intervient en effet quelques semaines après l’entrée en vigueur – un an après son adoption par les parlements européen et marocain – de l’accord de pêche signé entre l’UE et le Maroc. Il a fallu l’intervention personnelle du Roi Mohammed VI pour débloquer les dernières difficultés entre les deux parties. L’annonce avait été faite en juillet dernier à l’occasion de la visite du souverain espagnol, Felipe VI, à Rabat. Aux dernières nouvelles, les navires européens (majoritairement espagnols) ne sont toujours pas arrivés dans les eaux marocaines. Des divergences sur quelques détails opérationnels retarderaient cette arrivée.

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