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Mauritanie : Le mal développement

En Mauritanie, le malaise est perceptible à tous les niveaux. L’on ne parle plus seulement de la crise politique et d’un dialogue toujours remis aux calendes grecques mais de plus en plus de ce « mal développement » qui a tendance à plonger le pays dans une situation de précarité beaucoup plus préoccupante que celle d’une crise politique qui est plutôt l’affaire d’une certaine élite.
Le déphasage entre le discours officiel – et officieux – et celui de l’opposition, repris plus fréquemment par la vox populi, est flagrant. Le développement est là, ressasse le gouvernement ; il est visible et porte un rude coup aux « élucubrations » d’une opposition en perdition. Et les cercles du pouvoir d’évoquer les projets d’approvisionnement en eau du D’har, aux deux Hodh, plantation et usine de production de sucre à Foum Gleita, localité du Gorgol d’où partira également un important projet d’approvisionnement en eau potable qui profitent à une centaine de localités dans ce qu’on appelait naguère « le triangle de la pauvreté », et que le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz tente de rebaptiser en « triangle de l’espoir », le canal de 50 km tiré du fleuve Sénégal et destiné à développer l’agriculture irriguée dans la zone de Keur Macene au Trarza et permettre à la Mauritanie de satisfaire, à court terme, plus de 70% de ses besoins en riz. Et la liste est longue.
le nouvel aeroport de Nouakchott en constructionMais l’opposition ne se laisse pas abattre par cette longue énumération de « projets » qui, pour elle, sont l’illustration parfaite de la gabegie érigée en système de gestion. Gouffres à financements, mal conçus mais surtout mal réalisés, ces projets ne sont que des « prétextes » pour drainer les ressources publiques ailleurs. Et ce n’est pas pour rien que la dette de la Mauritanie a doublé entre 2008 et 2014 passant de 2 milliards d’USD à plus de 4 milliards d’USD largement empruntés auprès des fonds Arabes, grâce a l’entregent de l’ancien ministre des Affaires économiques et du développent, Sidi Ould Tah, propulsé aujourd’hui Directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).
Ce niveau d’endettement jamais atteint en Mauritanie, non démenti par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, lors de sa dernière conférence de presse, est la preuve d’un mal développement que d’aucuns mettent aujourd’hui sur le compte d’un manque de stratégie plus qu’évident. C’est le fruit aussi d’un populisme de mauvais aloi. La Mauritanie qui se dote d’infrastructures de premier plan mais à n’importe quel prix.
Tel le nouvel aéroport international de Nouakchott, présenté par Sidi Ould Tah comme le prototype du nouveau partenariat public-privé, parce qu’il n’aura coûté aucun khoums au contribuable. Ça c’était le justificatif au moment où l’on attribuait le juteux marché à la société Najah for Major Works SA créée spécialement par les groupes ASML et AON pour réaliser ce projet. Mais qui finalement aura été, au-delà des 450 hectares remis aux hommes d’affaires, un véritable gouffre pour les finances publiques.
C’est bien l’Etat qui concède, sans le dire vraiment ce qui s’apparente aujourd’hui à des avenants à l’accord initial : contraction d’un prêt auprès de la BID (Banque islamique de développement) pour l’achat et l’installation de tout le matériel de navigation et ainsi que l’éclairage des pistes, réalisation d’un réseau d’adduction d’eau, confié au génie militaire, et d’électricité, prêt de 15 milliards d’ouguiyas concédé par la SNIM (Société nationale industrielle et minière) et réalisation d’une bretelle de 7 km reliant le nouvel aéroport à la route Nouakchott-Nouadhibou. Un aéroport moderne certes à ce prix là est l’exemple type du “mal développement” à la mauritanienne. Une situation qui deviendra encore plus préoccupante – et mal acceptée – si ce “bijou” qui a déjà accusé près de deux années de retard, n’est pas livré comme annoncé par le Premier ministre Yahya Ould HAdemine, le 28 novembre prochain pour être présenté par le président Mohamed Ould Abdel Aziz comme la “réalisation du siècle”.

Développement Transport aérien

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