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Misère de la démocratie

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Wuhan. Décembre 2019. Début d’une pandémie qui bouleversera encore le monde. Et Beaucoup pensent que c’est parce que la Chine n’a pas tout dit qu’on en est encore là, à annuler les vols, à fermer les frontières, à attendre que l’économie mondiale se remette de sa sévère grippe. 

A Durban en Afrique du Sud. Novembre 2021. Les chercheurs sud-africains, très réactifs, ont su détecter à temps un nouveau variant, le désormais tristement célèbre Omicron. Sauf que leur mérite se transformera en cauchemar pour la Nation Arc-en-ciel pour avoir voulu sauver le monde des ravages potentiels d’une mutation du coronavirus.

Contrairement à Beijing qui ne se gêne pas de chasser les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) hors de son territoire, Pretoria s’est voulue transparente, ordonnée et éthique, dans la pure tradition de la solide démocratie sud-africaine. Mal lui en a pris.

L’Afrique du Sud ostracisée. Avec elle sept autres pays de l’Afrique australe. Depuis l’annonce de la découverte, à partir du séquençage par des scientifiques sud-africains, de cette nouvelle mutation du virus du Covid Omicron dénommé comme ses prédécesseurs par des lettres de l’alphabet grec pour ne pas stigmatiser dit-on, la Rainbow Nation a vu sa franchise vis-à-vis de la communauté internationale se transformer en une sanction. A son corps défendant !

Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, a même parlé “d’afrophobie”. S’il n’a pas tort, il faut souligner qu’on peut tout reprocher à l’Afrique du Sud sauf de ne pas être un pays démocratique.

Justement, la démocratie sud-africaine, une des plus avancées au monde a été victime de sa transparence. C’est son talon d’Achille. Le regret du virologue sud-africain Tulio de Oliveira qui, avec son équipe de l’institut de recherche KRISP, un centre spécialisé dans l’innovation en matière de recherche génomique à Durban qui a séquencé 4 000 des 6 000 génomes du Sars-CoV-2 analysés sur le continent africain depuis le début de la pandémie en dit long. Lui qui, avec la Dr. Angelique Coetzee, présidente de l’Association médicale sud-africaine, a détecté le variant désormais baptisé Omicron par l’OMS est tranchant : «on est parfois puni pour avoir été transparent et fait les choses rapidement».

Omicron est tombé au mauvais moment pour l’Afrique du Sud. Avant Omicron, les contaminations quotidiennes étaient pourtant sur un trend baissier. Et l’économie sud-africaine commençait à reprendre des galons. Des indices d’embellie qui auraient poussé beaucoup de pays, notamment anti-démocratiques et illibéraux à la place du pays incriminé aujourd’hui à ne rien divulguer sur le variant qui fait trembler le monde. L’Europe des 27 et le Japon, connus pour la maturité de leur démocratie, en optant pour le huis clos à l’endroit d’Afrique du Sud, en ignorant les conseils de l’OMS sur l’inefficacité du boycott, ont montré le mauvais chemin. C’est dire, pour des raisons purement économiques, vu la mauvaise passe que traverse aujourd’hui l’Afrique du Sud à cause de ces boycotts, d’autres variants pourraient amener les nations les plus démocratiques à ne piper mot si elles étaient demain dans la même situation. C’est comme si on nous poussait à cacher la vérité. Ce qui remettrait notre humanité en danger.

Est-ce que finalement, contre toute moralité, la Chine n’a pas raison de ne pas jouer la carte de la transparence aussi bien pour le virus respiratoire en 2003 (SRAS) que le nouveau coronavirus qui a fait son apparition à Wuhan en fin 2019 ?

D’ailleurs, les États-Unis avaient imposé une interdiction similaire à la Chine au début de la pandémie, avant de se retrouver avec le nombre le plus élevé d’infections. Leçon mal retenue. Car, ils ont fermé leurs frontières aux voyageurs non-américains ou non-résidents aux Etats-Unis, en provenance de sept pays d’Afrique australe depuis le lundi 29 novembre 2021. En plus, de la principale concernée qu’est l’Afrique du Sud, l’afrophobie américaine touche le Botswana, le Zimbabwe, la Namibie, le Lesotho, l’Eswatini, le Mozambique et le Malawi.

Quoi qu’il en soit, entre l’Alpha britannique apparu il y a tout juste une année et le probable futur Omega, prévu pour être  le The Big One, il y a désormais l’Omicron sud-africain qui ne semble guère plus virulent que la souche principale. Mais, s’il est minuscule, ce petit «o» grec devenu sud-africain par la force des choses montre déjà qu’il y a deux poids deux mesures.

La leçon infligée à l’Afrique du Sud risque d’imposer un silence mortel aux autres régions du monde où apparaîtront un jour ou l’autre de nouveaux variants du Sars-Cov-2.

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