Tous les articles qui parlent de Editorial - Page 2

Les théoriciens du libre-échange moderne - Adam Smith et Ricardo principalement-, se retourneront dans leur tombe, s'ils découvrent, «pour en finir avec l’arnaque que fait subir le reste du monde à l’Amérique», le plan Donald Trump présenté mercredi 2 avril dans la soirée à Washington.

pétrole, hausse, covid

L’an prochain, l’offre mondiale de pétrole devrait excéder la demande de 1,2 million de barils par jour en moyenne, «un chiffre qui n’a été surpassé que deux fois auparavant, lors des mesures de confinement liées à la pandémie de 2020 et de l’effondrement des cours en 1998»,

La dégringolade a démarré au printemps 2020 et depuis, elle n’a fait que s’aggraver. Le DOT (Departement of Transportation) américain a infligé une amende de 2,5 milliards de dollars au début de 2021, sans doute un peu pour masquer les complicités entre les contrôleurs fédéraux et le constructeur. On pensait que les difficultés s’arrêteraient là, mais cela n’a pas été le cas. D’abord des lanceurs d’alerte se sont manifestés à l’intérieur de Boeing et de son principal sous-traitant Spirit Aerosystems. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été atteints de mort subite avant de pouvoir témoigner.

La question commence sérieusement à se poser : le géant Boeing est-il en danger et sa survie est-elle assurée ? L’avalanche de mauvaises nouvelles ne va-t-elle pas entrainer la chute de l’emblématique constructeur ? Le nouveau patron : Kelly Ortberg qui a remplacé pendant l’été Dave Calhoun doit faire face à un énorme arrêt de travail de 33.000 salariés, qui met à bas la production des 737 MAX, 777 et 767. On ne voit pas où la descente va s’arrêter

Que retenir de tout cela ? C’est d’abord que la demande de transport aérien, loin de fléchir, reste très dynamique. Dès lors la capacité des A380 devient incontournable pour pallier les difficultés de livraison de Boeing, dont on ne sait pas quand elles se termineront. Il est possible que les transporteurs qui ont sorti ce modèle de leur flotte soient amenés à le regretter. Et enfin il est clair que le transport aérien aura besoin d’un très gros porteur, de l’ordre de 100 places pour résoudre l’impossible équation qui consiste à satisfaire la demande de transport tout en atteignant les objectifs de décarbonation annoncés pour 2050.

C’est l’histoire d’un succès transformé en échec pour finir par devenir une réussite pour les transporteurs capables de le rentabiliser. Son histoire a commencé par une esquisse dès 1988 car il fallait à l’époque se positionner en face d’un Boeing triomphant. Pour autant il a fallu attendre 7 ans pour démarrer le projet en 1995 et 10 autres années avant de réaliser le premier vol le 27 avril 2005. La première compagnie livrée a été Singapore Airlines qui a réalisé le premier vol commercial le 15 octobre 2007

Les opérateurs historiques font face à l’augmentation de leurs coûts de production sous l’effet des demandes croissantes de la part de leur personnel. C’est d’ailleurs le rôle des syndicats devenus très puissants, capables même de bloquer une stratégie d’entreprise comme on a pu le voir il y a quelques années dans le groupe Air France/KLM où la croissance de l’opérateur «low cost» du groupe a été bloquée par les syndicats. Depuis les affaires se sont heureusement arrangées.

Le transport aérien moderne date de la fin de la deuxième guerre mondiale, il aura 80 ans l’année prochaine. Depuis ce temps il a connu une formidable évolution portée par la fabrication de modèles d’avions de plus en plus performants, d’un contrôle aérien d’une grande fiabilité le tout pour suivre une demande de transport qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de l’arrivée sur le marché d’une classe moyenne dans les continents les plus peuplés. Mais, alors que les progrès technologiques sont permanents et impressionnants, le modèle des compagnies aériennes est resté figé autour de deux concepts : les transporteurs traditionnels et les compagnies «low cost.» Or il semble bien qu’il faille inventer un nouveau modèle