La question commence sérieusement à se poser : le géant Boeing est-il en danger et sa survie est-elle assurée ? L’avalanche de mauvaises nouvelles ne va-t-elle pas entrainer la chute de l’emblématique constructeur ? Le nouveau patron : Kelly Ortberg qui a remplacé pendant l’été Dave Calhoun doit faire face à un énorme arrêt de travail de 33.000 salariés, qui met à bas la production des 737 MAX, 777 et 767. On ne voit pas où la descente va s’arrêter

Elle a vraiment commencé avec le déni du constructeur américain quant aux dysfonctionnements du dernier né, le B 737 MAX, censé faire concurrent au A320 NEO d’Airbus.
Boeing, un fabricant arrogant !
Plusieurs centaines de passagers de Lion Air et Ethiopian Airlines y ont perdu la vie et pire encore a été la réaction des dirigeants de Boeing qui laissaient un peu lourdement entendre que ces catastrophes étaient dues à des erreurs dans les opérations de transporteurs «exotiques.» Ce mépris était la conséquence de l’arrogance du constructeur qui tentait de masquer une stratégie destinée à préserver les résultats de l’entreprise fusse au détriment de la sécurité, afin de servir de copieux dividendes aux actionnaires.
La dégringolade a démarré au printemps 2020 et depuis, elle n’a fait que s’aggraver. Le DOT (Departement of Transportation) américain a infligé une amende de 2,5 milliards de dollars au début de 2021, sans doute un peu pour masquer les complicités entre les contrôleurs fédéraux et le constructeur. On pensait que les difficultés s’arrêteraient là, mais cela n’a pas été le cas. D’abord des lanceurs d’alerte se sont manifestés à l’intérieur de Boeing et de son principal sous-traitant Spirit Aerosystems. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été atteints de mort subite avant de pouvoir témoigner. Et puis on s’est aperçu de défauts de fabrication dans certains B 787. Comme si cela ne suffisait pas, la porte d’un B737 s’est détachée en plein vol de la compagnie Alaska Airlines, fort heureusement sans victime ce qui a entrainé une nouvelle enquête de la part du Congrès américain puis finalement le changement du dirigeant Dave Calhoun en juillet.
Suppression de 17000 postes de travail
Les conséquences financières sont venues sanctionner les difficultés opérationnelles. Actuellement Boeing traine une perte de 58 milliards de dollars et annonce des chiffres désastreux au troisième trimestre 2024 : une nouvelle perte de 6 milliards de dollars le tout après avoir dû réintégrer au sein de la maison-mère son principal sous-traitant Spirit Aerosystems pour 4,7 milliards de dollars et la reprise des pertes. Et pour finir, Kelly Ortberg doit faire face à la plus grande grève de Boieng depuis 2008 avec l’arrêt de travail des chaines de fabrication des principaux appareils après avoir annoncé la suppression de 17.000 postes de travail.
N’importe quelle compagnie aurait disparu devant cette avalanche de mauvaises nouvelles, même le secteur Défense est impacté, et on se demande d’ailleurs si la liste est finie ou si on ne va pas encre découvrir de nouveaux problèmes. La firme Boeing serait-elle trop grosse pour disparaître ? On l’a dit par le passé de géants du transport aérien comme Pan Am ou Swissair et pourtant nombre de grandes compagnies ont maintenant disparu, en dépit du soutien largement affirmé des Etats. Seulement, les transporteurs sont finalement assez nombreux pour écouler une demande en croissance permanente, mais il n’existe à l’heure actuelle que deux grands constructeurs Airbus et Boeing en attendant l’arrivée de Comac en Chine et peut-être le retour, un jour ou l’autre, des Russes.
La faillite de Boeing serait une catastrophe mondiale
Faut-il rappeler que Boeing a un carnet de commandes de plus de 6.000 appareils et que celui d’Airbus frôle les 9.000. Or les opérateurs aériens font leurs plans de dessertes plusieurs années à l’avance en fonction des dates de livraison des appareils commandés. Un retard important peut avoir des conséquences catastrophiques et c’est pour quoi Sir Tim Clark, l’emblématique patron d’Emirates, est si énervé. Il attend encore les dates de livraison des appareils qu’il a commandés en … 2013.
La faillite de Boeing, serait une énorme catastrophe non seulement pour les Etats Unis, mais pour le transport aérien mondial. Ce secteur d’activité a besoin pour survivre de constructeurs capables de livrer autour de 200 appareils par mois alors qu’actuellement le chiffre reste proche de 100. Et produire un avion est une opération tellement complexe qu’un constructeur ne peut pas être remplacé du jour au lendemain comme cela peut se passer pour les compagnies aériennes.
Le monde aérien n’a d’autre solution que de soutenir le constructeur en difficulté et de courber le dos en attendant que la machine se remette en route. Les mois à venir seront difficiles pour tous les opérateurs. Il faudra sans doute remettre en service nombre d’appareils mis au sol pendant la crise du Covid. En tous les cas et par tous les moyens, il faut sauver le soldat Boeing.




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Etats-Unis
![Édito | Transport aérien : la fin de la distinction entre les low-costs et les legacys [Par Jean-Louis Baroux] Il est loin le temps où les compagnies historiques voyaient arriver, avec quelque condescendance pour ne pas dire dédain, les nouveaux entrants qui prétendaient se faire une place dans un univers somme toute assez fermé.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Low-cost--450x253.webp)



![Édito | Le transport aérien et ses sources de stress (Suite) [Par Jean-Louis Baroux] Les difficultés ne sont pas terminées. La première chose que voit le passager à son arrivée vers la salle d’embarquement est une queue. Sauf à être sur place depuis quelque temps pour prendre les premières positions dans la file, il faudra à notre client aller au fond de la queue et si, par hasard il a payé un accès privilégié, comme d’ailleurs beaucoup le font, il devra trouver où commence la file des prioritaires, laquelle est souvent aussi longue que la normale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Avion--450x216.jpg)
