Le retour gagnant de D. Trump à la Maison blanche est loin d’être un fait anodin. Les Américains, adeptes de la force brute, apprécient les manières singulières d’un homme qui, durant son premier mandat, avait fait de son slogan de campagne «America first», la propédeutique d’une gouvernance mondiale où les USA étaient mis dans la balance contre le reste du monde. Aujourd’hui, il est revenu avec la volonté ferme de reprendre là où il s’était arrêté en 2021 !
La politique de Trump choque. Elle va à l’encontre de l’orthodoxie géostratégique que tous les présidents américains pratiquaient avec un soupçon d’intérêt – et de souci – pour l’équilibre du monde – La confrontation stratégique avec l’URSS, et plus tard avec la Russie et la Chine, ne sortait jamais du cadre d’une opposition idéologique et économique qui prolongeait les grandes batailles de l’ombre de la guerre froide et de la politique de dissuasion nucléaire qui empêchaient d’en arriver à l’autodestruction du monde où, désormais, personne ne sauvera seul.
La singularité de Trump ? Être inclassable. Il pratique la politique dans son essence. Tirer profit des situations, sans se soucier des moyens que l’on utilise. Sur ce point, Trump et Poutine se retrouvent sur la scène de la politique mondiale avec la même volonté de puissance, la même désinvolture et le même flegme. C’est tout le sens de propos tenus par D. Trump le plus sérieusement du monde : «l’Union européenne a été créée pour emmerder les États-Unis» ! «Le président Vladimir Poutine dirige son pays et au moins c’est un leader, contrairement à ce que nous avons ici dans ce pays» et, «je vais construire un grand mur – et personne ne sait construire des murs mieux que moi, croyez-moi – et je vais le faire de manière très économique. Je vais construire un grand mur à la frontière et je vais faire payer sa construction au Mexique.»
Ce qui se passe en réalité, avec le retour aux affaires de D. Trump, après quatre ans d’absence durant lesquels il rongeait ses freins d’impatience, entretenant le doute sur sa défaite de 2021, c’est le triomphe de la realpolitik. Nonobstant tous ses défauts. L’Ordre, la loi qui régit le monde, est celle établie par la force. Les négociations pour assurer la sécurité collective, comme au vieux temps de la guerre froide, sont destinées à amuser la galerie en faisant croire que l’ONU, ce «machin» dont parlait le général de Gaulle, est toujours opérationnelle pour assurer la gouvernance du monde.
L’Ordre que Trump impose au monde d’aujourd’hui a, comme utilité, de sortir l’Europe de sa torpeur. Les réactions «solitaires» de la France, de la Belgique et de l’Espagne, pays qui constituent le «Front» contre les velléités hégémoniques de l’Amérique de Trump, ne peuvent nullement changer le cours de l’histoire, avec l’imposition de l’unilatéralisme décisionnel que la Maison blanche veut appliquer dans les deux conflits russo-ukrainien et israélo-palestinien.
La volonté d’impuissance de l’ONU – et de tous les pays qui disposent d’un droit de veto au conseil de sécurité – sera l’accommodement volontairement assumé durant tout ce second mandat de D. Trump, à moins que le président américain ne comprenne que sa politique de la force brute, qui se manifeste heureusement encore au niveau de la parole «sans frein», ne comprenne le risque d’ouvrir la boite de Pandore.
![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-320x158.jpg)










