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Niger : Des marges indécentes dans le secteur bancaire !

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Les conclusions relatives au secteur financier nigérien qui ressortent du rapport sur la situation économique du pays réalisée par la Banque mondiale risquent de faire grincer des dents à Niamey.

Pour l’institution de Bretton-Woods, la concurrence dans le secteur financier reste faible, même si elle est en pleine croissance. Sur les 14 banques qui opèrent au Niger, 4 concentrent deux tiers des dépôts et 61 % du crédit total, et 39 institutions de microfinance représentant moins de 2 % du PIB. Les pensions, les compagnies d’assurance et les marchés de capitaux restent très limités.

Malgré la multiplicité des acteurs dans le secteur financier, la concurrence est quasiment inexistante. Cela se reflète dans la marge élevée des banques et dans les taux d’intérêt élevés. Par exemple, le taux d’intérêt moyen tournait autour de 8,9 % au 3ème trimestre 2020, soit un taux supérieur au taux moyen des pays de l’UEMOA (6,5%). Le taux d’intérêt élevé reflète l’approche prudente et défavorable au risque des banques commerciales. Il y a un écart croissant en termes d’offre de services financiers, car la concurrence entre les banques se concentre uniquement sur la desserte de la partie supérieure du marché, laissant les populations rurales et à faible revenu mal desservies.

La croissance du PIB se situerait à 5,5%
Dans un contexte d’incertitude plus élevé que d’habitude, l’économie nigérienne devrait connaître une croissance de 5,5 % en 2021, prévoit la Banque mondiale. Cette reprise permettra une relance de la croissance du PIB par habitant, dont le niveau sera néanmoins inférieur de 2,1 points de pourcentage à celui de 2019.  

Cette dynamique sera portée par une reprise progressive dans tous les secteurs. L’agriculture bénéficiera de la réouverture de la frontière avec le Nigéria, l’industrie de la reprise de la demande mondiale de produits pétroliers tandis que l’activité des services devrait augmenter en lien avec l’assouplissement progressif des restrictions liées à la pandémie. Du côté de la demande, l’investissement privé progressera régulièrement, soutenu par des projets d’infrastructure, à condition que la situation de sécurité intérieure ne se détériore davantage, tempèrent les experts de la Banque mondiale. La consommation privée bénéficiera également de l’augmentation de l’activité dans les secteurs de la construction et de l’énergie, mais sa croissance devrait être légèrement inférieure au rythme d’avant l’épidémie. Avec la reprise complète des opérations frontalières avec le Nigeria et l’importation de biens d’équipement pour les grands projets d’infrastructure, le déficit commercial devrait encore se creuser de 0,5% du PIB, pour atteindre 21% du PIB.

 

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