Après trois ans d’un bras de fer fiscal et de tensions souverainistes, le régime nigérien et le géant chinois CNPC enterrent la hache de guerre. Un accord stratégique prévoit un investissement massif de 1 milliard de dollars et une reprise en main de la rente pétrolière par l’État.
Les discussions auront duré un an pour clore un feuilleton qui empoisonnait les relations bilatérales. Depuis l’avènement au pouvoir du général Abdourahamane Tiani, le climat s’était lourdement dégradé entre Niamey et ses partenaires asiatiques. Invoquant une rupture de confiance majeure, le gouvernement nigérien affichait sa ferme intention de rééquilibrer le partage des richesses de l’or noir.
Accusé d’avoir bafoué la législation locale et d’avoir accumulé d’importants arriérés fiscaux, le géant China National Petroleum Corporation (CNPC) a traversé une véritable zone de turbulences. Au paroxysme de la crise, l’État nigérien avait ordonné l’expulsion de plusieurs cadres chinois et contraint la multinationale à fermer ses portes.
Le deal de la relance : 1 milliard de dollars sur la table
Le temps de la confrontation laisse désormais place à la coopération. Le compromis nouvellement acté se traduit par des engagements financiers et structurels majeurs. Pékin va injecter 1 milliard de dollars pour redynamiser deux projets pétroliers d’envergure. L’ambition affichée par la diplomatie nigérienne étant de propulser la production nationale à 145 000 barils par jour à l’horizon 2029.
Par ailleurs, Niamey muscle sa souveraineté économique en s’octroyant une participation de 45 % dans Wapco, la filiale de la CNPC qui gère le pipeline stratégique de transport de brut. L’accord prévoit également une réévaluation à la hausse des quotas d’emplois réservés aux cadres et ouvriers locaux.
Après donc la tempête, vient le beau temps en ce que cet accord a le mérite de rompre un immobilisme délétère qui menaçait aussi bien les caisses de l’État nigérien que les intérêts économiques de Pékin.





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