S’il y a une chose à laquelle, les autorités nigérianes veulent bien mettre fin depuis l’arrivée du président Muhammadu Buhari, c’est bien la corruption. Le Président directeur-général d’ExxonMobil risque d’en faire les frais après l’accusation qui pèse sur lui. Il pourrait même se retrouver en prison.
En effet, hier mercredi 3 février, la justice nigériane a ordonné l’arrestation de Richard Laing, celui qui avait été promu août dernier PDG de la filiale de la major américaine dans le pays. Il est accusé de fraude par l’agence anticorruption nigériane qui a saisi une haute cour de justice pour les besoins de la cause. Selon le communiqué diffusé dans la soirée du 3 février, Laing a refusé à trois reprises de déférer à une convocation des enquêteurs de l’agence anticorruption, la fameuse Commission contre les crimes économiques (EFCC).
L’EFCC mène actuellement une enquête concernant un projet pétrogazier que développe présentement l’une des filiales d’ExxonMobil au Nigeria. Il y aurait une modification du contrat portant sur une somme astronomique de 213 millions de dollars que les experts nigérians de lutte contre la corruption ne comprennent guère.
Richard Laing n’est pas celui qui est personnellement visé par ces enquêtes, mais puisqu’il est le premier représentant d’ExxonMobil dans le pays, c’est bien à lui d’élucider cette affaire. Le fait qu’il ait refusé de déférer à la convocation d’une agence fédérale relevant directement de la présidence est un acte de défiance, voire d’arrogance que l’opinion publique nigériane juge inacceptable. Mais, au-delà il lui faudra apporter non seulement les preuves qui l’autorisent à ne pas répondre, mais aussi et surtout montrer que le changement du montant du contrat s’est effectué en toute légalité. Dans tous les cas, il a intérêt à avoir de bons avocats.
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