Des PME et de nombreux commerçants installés dans les Etats de la fédération frontaliers de pays de la Cemac (Cameroun, Tchad) et de l’Uemoa (Bénin, Niger, Côte d’Ivoire) ne jurent plus que par le franc CFA qu’ils utilisent dorénavant dans leurs transactions commerciales, révèle la presse locale, dont The Punch, un des plus importants journaux du Nigeria.
La rareté des nairas, avec l’introduction en cours des nouveaux modèles de billets serait en partie à l’origine de ce plébiscite du Franc CFA. Mais certains économistes expliquent ce phénomène par le fait que les opérateurs économiques cherchent la sécurité et la stabilité associée au Franc CFA. Les localités comme Sokoto, Zamfara et Katsina dans le nord-ouest du pays et frontaliers du Niger, l’Etat de Kwara qui partage une frontière avec le Bénin et celui de l’Adamawa à l’est, frontalier du Cameroun, sont de fait dans la zone CFA. L’utilisation du Franc CFA dans ces Etats qui y était déjà très répandue, en raison d’un florissant commerce transfrontalier (souvent informel) avec des pays de l’Uemoa ou du Cameroun, s’est amplifiée ces derniers mois. La récente démonétisation des vieux billets du naira et les difficultés qu’éprouve la population à échanger son bas-de-laine, ont accéléré ce switch vers le CFA, selon les témoignages rapportés par la presse économique. Les commerçants n’acceptant plus désormais que les nouveaux nairas, et comme ces derniers ne sont pas toujours disponibles, le franc CFA devient de fait, la valeur-refuge.
L’indisponibilité de nouvelles coupures de nairas n’est cependant pas la seule raison de ce regain d’attractivité du Franc CFA au Nigeria. La monnaie de la première économie d’Afrique en termes de PIB a perdu de la valeur sur le marché parallèle qui alimente une majorité des opérations de change, poussant les commerçants frontaliers à demander plus de CFA, monnaie qui jouit d’une stabilité dans la sous-région.





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