De plus en plus d’entreprises africaines entament la démarche de se certifier pour atteindre les plus hauts standards internationaux et gagner de nouveaux marchés. Ainsi en République démocratique du Congo (RDC), où le Groupe Forrest International, l’une des plus grosses entreprises du pays, et ses diverses filiales montrent la voie en acceptant de remettre leur organisation en question pour progresser et investir sur l’avenir
Se lancer. Grandir. Se développer. Aller, pourquoi pas, à l’international. Pour toute entreprise, qu’elle soit africaine, américaine ou européenne, se pose un jour la question de la certification. En effet, décrocher une fameuse norme ISO représente souvent un passage obligé pour se conformer aux meilleurs standards internationaux et booster sa compétitivité. Mais aussi pour s’exporter, gagner en visibilité et en crédibilité auprès de ses parties prenantes. Plusieurs certifications ISO représentent, enfin, d’indispensables sésames vers certains marchés exigeants.
La certification gagne du terrain en Afrique
Les entreprises africaines l’ont bien compris, elles qui sont de plus en plus nombreuses à se soumettre – de leur plein gré – au laborieux processus de certification. Un véritable défi, car se faire certifier demeure une aventure complexe et onéreuse – surtout pour les PME –, qui exige souvent d’être accompagné par des experts ou cabinets de conseil. A la clé cependant, de nouvelles opportunités s’ouvrent, avec une meilleure efficacité opérationnelle, une réduction des coûts à long terme, une augmentation de la satisfaction client, etc. Ainsi que la reconnaissance officielle d’un engagement envers la qualité, la performance ou la responsabilité sociétale.
Aux quatre coins du continent, les entreprises franchissent donc le pas. En Côte d’Ivoire, le groupe Topaz, spécialisé dans la peinture et les matériels en plastique, a été certifiée ISO 9001-2015 en 2021. Une norme qui garantit le management de la qualité, également reçue en 2023 par DEF Afrique de l’Ouest, un leader régional de la sécurité incendie, et en 2020 par Shelter Afrique, un bailleur de fonds panafricain pour le développement du logement. Dans un autre registre, AZA Finance peut s’enorgueillir d’avoir été la première Fintech africaine à obtenir la certification ISO 27001:2022, qui témoigne de ses efforts pour protéger ses données et clients des cyber-menaces.
En RDC, le Groupe Forrest International montre la voie
En République démocratique du Congo (RDC) cette fois, c’est le Groupe Forrest International (GFI) qui collectionne les certifications. Présent dans les secteurs de la construction, de l’énergie, de l’agroalimentaire ou de la santé, GFI entend manifestement montrer la voie à ses concurrents en termes de bonnes pratiques. En témoigne par exemple les certifications ISO 45001 et ISO 14001 reçues par sa filiale Congo Energy, qui s’ajoutent à la norme ISO 9001 déjà obtenue en 2016 par l’entreprise. Une première en RDC, qui « témoigne de l’engagement de Congo Energy en faveur de la protection de l’environnement (…) de la santé et (de) la sécurité au travail.»
Ces certifications ne sont pas de simples médailles accrochées à la veste de l’entreprise. Elles permettent à Congo Energy de s’imposer comme un acteur incontournable du secteur congolais de l’énergie, un interlocuteur fiable et respecté par ses parties prenantes, et un exemple à suivre. Ce sont ces certifications qui ont contribué à la récente élection de Congo Energy à la présidence du conseil d’administration de l’Association congolaise pour les énergies renouvelables et décentralisées(ACERD), une structure qui œuvre à la promotion du développement durable dans cet immense pays d’Afrique centrale.
EGMF (GFI) veut « transmettre (sa) culture de qualité aux nouvelles générations »
Plus récemment encore, c’est l’Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF), une autre filiale de GFI spécialisée dans le génie civil, les infrastructures et les grands travaux publics qui a entamé le processus de certification ISO 9001. « Cette démarche s’inscrit dans notre volonté claire de renforcer notre performance globale, d’optimiser nos processus internes et d’accroître la satisfaction de nos clients », a réagi la direction du groupe dans un post publié sur le réseau social LinkedIn. Le processus devrait s’étaler sur pas moins de 18 mois, au terme desquels la certification pourrait renforcer la position d’EGMF sur ses marchés historiques.
Mais aussi lui ouvrir des portes à l’international. « Nous savons que, pour rester compétitifs et fiables dans un monde en constante évolution, il faut structurer nos pratiques, formaliser ce que nous faisons bien et améliorer ce qui peut l’être », reconnaît Malta David Forrest, PDG de GFI, selon qui « la norme ISO 9001 nous apporte un cadre pour cela ». Pour le dirigeant, s’inscrire dans une telle démarche est également un enjeu interne à l’entreprise ; selon lui, il s’agit « d’un outil (…), d’un levier pour mieux travailler ensemble, gagner en efficacité (et) transmettre notre culture de qualité aux nouvelles générations ». Certifier aujourd’hui, pour mieux réussir demain, en somme.











