Le gouvernement égyptien n’exclut pas une réévaluation du programme de réformes conclu avec le FMI en mars 2024 d’un montant de 8 milliards de dollars, «si l’institution ne prend pas en compte les circonstances régionales et internationales qui font peser un lourd fardeau sur la population», a déclaré dimanche 20 octobre au Caire, le président Abdel-Fattah al-Sissi devant un parterre d’opérateurs économiques
Entre les lignes, le maréchal estime que les réformes auxquelles s’est engagé son gouvernement ne sont plus tenables en l’état, notamment l’abandon des subventions de carburants et la réduction drastique des dépenses de soutien de prix de certains biens de consommation de base.
«Nous nous sommes mis d’accord avec le FMI ; Je dis au gouvernement et à moi-même que si cela conduit à des pressions que la population ne peut pas supporter, nous devons réévaluer notre situation», a expliqué le chef de l’Etat égyptien en mettant en avant les bouleversements géopolitiques au Moyen-Orient qui ont fait fondre les recettes tirées du Canal de suez. Depuis le début de l’année, l’Egypte a perdu 6 à 7 milliards de dollars de revenus suite aux attaques des rebelles Houthis contre les navires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.
Le Caire avait signé en mars 2024 un accord avec le FMI sur un programme de 8 milliards de dollars, en contrepartie d’une série de réformes douloureuses, dont la réduction des subventions sur le carburant, l’électricité et plusieurs autres produits de base ainsi que la transition vers un régime de change flottant. Après avoir augmenté le prix du pain subventionné de 300% en juin dernier, le gouvernement a revu à la hausse (ndlr : vendredi 18 octobre) les prix d’une large gamme de produits pétroliers pour la troisième fois cette année, avec des augmentations allant de 11% pour le diesel à 17% pour l’essence. Cette hausse des prix alimente le mécontentement de la population. Le gouvernement redoute que cette grogne ne serve de carburant aux tensions sociales.





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