Cette interrogation peut paraître totalement incongrue tant le transport aérien est entré dans les mœurs et dans la vie de tous les habitants de la planète. A tel point que son avenir paraît entièrement lié à la croissance de l’économie mondiale et à l’amélioration du niveau de vie des habitants. Et pourtant il semblerait que la classe politique occidentale ne partage pas ce point de vue, si l’on en juge par les déclarations gouvernementales et les mesures de restriction prises à l’encontre de ce mode de transport.

Cela ne concerne bien évidemment que les pays occidentaux suffisamment riches pour se poser les questions de la croissance nulle, voire la décroissance. Cela date d’ailleurs d’une cinquantaine d’années, après la guerre du Kippour pour être précis. Elle a eu lieu en 1973 et a entrainé à l’époque le quadruplement des prix du pétrole. Et puis les pays occidentaux, les premiers impactés à l’époque, ont appris à vivre avec des énergies fossiles beaucoup plus onéreuses. Cela n’a pas freiné pour autant le développement de leurs économies.
Mais le transport aérien, source de considérables richesses, ne semble plus supporté par les gouvernements occidentaux qui lui préfèrent d’autres types de déplacements. Finalement cela ne concerne qu’une toute petite partie de la population mondiale. Selon les dernières statistiques, L’Amérique du Nord et l’Europe ne représentent que 1,114 milliard d’habitants (Europe Orientale incluse) par rapport aux 4,730 milliards de l’Asie, aux 1,419 milliard d’Africains et aux 710 millions d’habitants de l’Amérique latine et de l’Océanie. Autrement dit, les pays dits « occidentaux » ne pèsent que 14% de la population mondiale, et les 86% restants, si l’on peut dire, sont, eux, avides des moyens de se développer au premier rang desquels le transport aérien.
Et voilà bien un paradoxe. Les Occidentaux sont les premiers constructeurs d’avions et les gouvernements français, américain ou allemand sont les premiers à se réjouir des énormes commandes passées par les transporteurs des pays en recherche de croissance. Par contre ils s’efforcent d’en limiter l’utilisation en freinant les accès à leurs aéroports. Il est impensable d’imaginer la création d’une nouvelle importante plateforme aéroportée en Europe de l’Ouest, il est même probable que de nouvelles contraintes viennent s’abattre sur les gros aéroports actuels. La pression des populations riveraines menées par des politiciens démagogues finit par avoir gain de cause. C’est simple, on veut bien à la rigueur des lignes aériennes, à la condition qu’elles soient quasiment gratuites, mais on ne veut plus entendre voler les avions. C’est oublier un peu vite que les maires des communes proches des aéroports ont été les premiers à octroyer généreusement des permis de construire pour des populations qui ne pouvaient pas ignorer la présence des avions. Les énormes progrès faits entre les appareils de la première génération des jets et les avions actuels qui ont une empreinte sonore 5 fois inférieure semble être passés aux oubliettes.
Et pendant ce temps, les pays asiatiques sont en plein développement de leur transport aérien et d’abord des infrastructures aéroportuaires. Les pays du Golfe ont commencé à s’équiper très sérieusement depuis le milieu des années 1980 sous l’impulsion d’Emirates et de l’Emirat de Dubaï. Dans la foulée, le Qatar, puis la Turquie, Abou Dhabi, qui vient d’ouvrir un nouveau et important terminal ont suivi, en attendant l’énorme offensive de l’Arabie Saoudite. Mais la frénésie de construction des nouveaux aéroports ne s’arrête pas là. La Chine s’est considérablement équipée d’infrastructures modernes et pratiques, l’Inde lui emboîte le pas, la Thaïlande a créé un nouvel aéroport à Bangkok sans compter la modernisation permanente de Singapour, pour ne citer que quelques exemples. Cette vague d’équipements va de pair avec les commandes massives passées par les transporteurs asiatiques auprès des constructeurs occidentaux.
Il ne faut pas être grand clerc pour prédire que l’Afrique, mais également l’Amérique latine vont aussi se lancer dans la mise aux normes internationales de leurs aéroports et organismes de contrôle aérien, dès que ces deux continents auront stabilisé leurs économies.
Alors qui croit encore au transport aérien ? L’immense majorité des populations de notre planète en fait le symbole du développement pour le bien-être de leurs peuples. Et pendant ce temps-là, au lieu de supporter la nécessaire recherche pour l’amélioration du transport aérien, les gouvernements occidentaux ne trouvent, comme réponse, que la limitation du trafic. Cherchez l’erreur !





![Édito | Aérien : de quels avions avons-nous besoin ? [Par Jean-Louis Baroux] Très certainement, les grands constructeurs que sont Boeing et Airbus se penchent activement sur le sujet et pourtant, on a l'impression qu'ils ne se pressent pas, sans doute parce que les gammes d'appareils actuels sont faciles à vendre et que leur production est maîtrisée. Autrement dit, les deux grands gagnent tellement d'argent sur les avions actuels qu'ils n'ont aucune urgence à développer de nouveaux modèles. Et pourtant, on en aura bien besoin.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/LA380-450x212.jpg)




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